Abdullah Ibrahim, compositeur, chef d’orchestre, multi-instrumentiste (pianiste, flûtiste traversière, saxophoniste et violoncelliste) au style de jeu policé et méditatif, est décédé le 15 juin 2026 en au sud de Munich (Allemagneà. Il avait 91 ans.
Connu sous le nom de Dollar Brand, avant sa conversion à l’islam à la fin des années 1960, Abdullah Ibrahim a réussi à intégrer la musique de sa ville natale, Le Cap (sud Afrique), dans un dialogue constant avec la musique Américaine Asiatique et Européenne.

Malgré la diversité de ses composantes, le piano de M. Ibrahim ne sonna jamais comme les autres, sans doute grâce à la grâce sereine de son jeu et à la profonde spiritualité de sa démarche.
Lors de ses fréquents concerts en solo, il interprétait souvent de longs sets ininterrompus, enchaînant avec fluidité différents thèmes et compositions au gré de son inspiration. Selon lui « jouer de la musique, c’est véritablement ne faire qu’un avec la nature ; ne faire qu’un avec son être véritable. »
Ses compositions, notamment, « Mannenberg », (l’hymne officieux de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud), « The Mountain » et « The Wedding », dégagent une impression d’intemporalité. Nombre d’entre elles devinrent célèbres en Afrique du Sud pour leur mélange d’ambition spirituelle et de fierté politique.
« Notre Mozart »
M. Ibrahim était déjà une figure majeure de la scène jazz du Cap lorsqu’il quitta l’Afrique du Sud en 1962 pour s’installer à Zurich. Duke Ellington, le chef d’orchestre américain, alors en tournée en Europe, l’aperçut se produire à l’Africana Club et fut impressionné. Il supervisa ensuite l’enregistrement d’un album de M. Ibrahim. « Duke Ellington Presents the Dollar Brand Trio », sorti en 1964, marqua le début d’une carrière discographique prolifique et parfois transcendante.