Si vous avez parfois l’impression que le stress du quotidien devient insupportable, vous ne vous trompez pas. Dans un article, publié dans la revue Behavioural Sciences, des chercheurs affirment, en effet, que la vie moderne pousse le corps et l’esprit humains au-delà de leurs limites évolutives.
L’humanité a connu des progrès fulgurants en matière de technologie, de médecine et de qualité de vie au cours des derniers siècles. Cependant, ces progrès rapides ont rendu notre cerveau incapable de suivre le rythme.

Le Dr Jose Yong, principal auteur de l’étude, a comparé les humains à des papillons de nuit dont l’instinct n’a pas encore intégré l’invention de l’éclairage électrique, les poussant chaque soir à une mort certaine.
Le « décalage évolutif »
Ce que les experts qualifient de « décalage évolutif » serait responsable de nombreux problèmes, allant de l’épidémie d’anxiété chronique à l’augmentation des élans suicidaires, des taux d’obésité et de myopie.
Homo sapiens est apparu il y a 300 000 ans et, pendant la quasi-totalité de cette période, il a vécu au sein de petits groupes sociaux organisés autour de la famille. Ses réactions instinctives au stress, aux conflits et à la pression sociale ont été perfectionnées pendant des centaines de milliers d’années dans ces environnements.
Mais la société humaine a aujourd’hui changé si rapidement et si profondément que nos anciens réflexes évolutifs ne nous permettent plus de prospérer. Les horizons de notre paysage social s’étendent désormais bien au-delà de ce que nos ancêtres auraient pu imaginer. Selon le Dr Jose Yong : « Nos ancêtres vivaient dans de petites communautés relativement égalitaires, entourés de personnes qu’ils connaissaient bien. Aujourd’hui, de nombreux citadins sont entourés de milliers d’inconnus et constamment exposés à des personnes bien plus riches, influentes ou prospères.