L’accession des femmes aux responsabilités politiques reste marginale et difficile à travers le monde. Cependant, leur nombre de cheffes d’Etat aurait doublé depuis l’année 2000.
Ellen Johnson Sirleaf, la présidente du Liberia, a quitté le pouvoir après onze ans de présidence. Une carrière particulièrement longue au regard de la longévité habituelle des femmes en politique, pour celle qui devint en 2006 la première femme cheffe d’état élue sur le continent Africain.
Pouvoir court
D’après les données collectées par le Forum économique mondial (FEM) dans son Gender Gap Index, 68 pays (soit 35 % des nations souveraines du monde) ont été dirigés par au moins une femme dans les cinquante dernières années.
Dans son rapport sur les inégalités hommes-femmes, le FEM recensait 56 pays (sur 146 étudiés) à avoir eu une femme à leur tête depuis 1966. Les femmes dirigeantes sont restées moins de cinq ans au pouvoir dans trente et un de ces pays, environ un an dans dix d’entre eux et moins d’un an dans treize pays, ce qui souligne la brièveté avec laquelle les femmes dirigeantes ont exercé le pouvoir.
Il s’agit bien souvent, sur ces périodes courtes, d’assurer un intérim suite à une vacation du pouvoir, entre deux mandats exercés par des hommes. Comme par exemple en Grèce où Vassilikí Thánou-Christophílou a été première ministre durant vingt-cinq jours après la démission d’Alexis Tsipras et avant que celui-ci ne remporte les élections anticipées ; ou encore en Autriche, où Doris Bures coassure par intérim les fonctions de président fédéral suite à l’invalidation des résultats de l’élection présidentielle en 2016. Le record de brièveté est détenu par Ivy Matsepe-Casaburri, qui assura un intérim de… quatorze heures, entre les 24 et 25 septembre 2008, suite à la démission du président sud-africain Thabo Mbeki.