Même notre alimentation a été radicalement transformée au cours des 200 dernières années seulement, les produits naturels étant remplacés par des alternatives ultra-transformées et riches en calories. Cependant, tout comme les papillons de nuit qui ne peuvent s’empêcher de voler vers les lumières électriques, nos instincts et comportements évolués ne se sont pas adaptés à nos nouvelles vies.

« On constate souvent que les gens se sentent plus détendus après avoir passé du temps dans la nature. De plus, nous savons que la myopie infantile est plus fréquente chez les enfants moins exposés à l’extérieur », explique le Dr Yong.

« L’éclairage artificiel perturbe nos rythmes circadiens naturels, tandis que de nombreuses personnes travaillant dans des bureaux passent la majeure partie de leur journée, assises, alors que notre organisme a évolué pour bénéficier d’une activité physique régulière. »

Parallèlement, les chercheurs mettent en garde contre un changement plus important et plus inquiétant.

Ils affirment que le monde est entré dans l’ère de la « polycrise », où de multiples crises s’entremêlent et se propagent les unes aux autres.

Par exemple, le changement climatique accroît la fréquence des sécheresses et des mauvaises récoltes, ce qui fait grimper le coût de la vie.

Ces difficultés économiques alimentent ensuite l’agitation politique, incitant les gouvernements à se replier sur eux-mêmes et à être moins enclins à coopérer face aux défis communs, comme le changement climatique.

Ce décalage évolutif crée un monde où la compétition s’intensifie, ce qui, naturellement, pousse les individus à devenir eux aussi plus compétitifs. Le problème, expliquent les chercheurs, est que lorsque tout le monde agit ainsi, le monde devient beaucoup plus hostile et compétitif pour tous.