Une réduction de la rémunération pourrait augmenter les risques de maladies cardiaques du salarié de près de 20%. Les soucis financiers font mal au cœur.

En revanche, une augmentation salariale protégerait contre les maladies cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux, suggère une nouvelle étude.

Les chercheurs ont découvert que ceux dont le salaire avait augmenté étaient près de 15% moins susceptibles de souffrir d’insuffisance cardiaque au cours des 25 prochaines années.

Mais le risque d’accidents vasculaires cérébraux et de crises cardiaques a augmenté de près de 20% pour les hommes et les femmes dont le revenu du ménage a diminué.

L’équipe, de l’hôpital Brigham and Women’s Hospital et de la faculté de médecine de Harvard, estime que ses conclusions pourraient amener les médecins à prêter davantage d’attention à la situation financière des patients lors des visites en cardiologie.

Des recherches antérieures ont montré qu’avoir un revenu satisfaisant est lié à un risque plus faible de souffrir de maladie cardiovasculaire.

Cependant, peu d’études ont examiné l’association entre les changements (réduction ou augmentation) de salaire et les maladies cardiaques. Les personnes ayant un revenu plus élevé à la moyenne sont censées aller au gymnase ou manger plus sainement, mais elles pourraient le dépenser en cigarettes ou en alcool. Pour l’étude, publiée dans JAMA Cardiology, l’équipe de chercheurs a recruté près de 9 000 participants de quatre régions des États-Unis et les a suivis pendant 17 ans en moyenne. Les adultes, âgés de 45 à 64 ans, ont été divisés en trois groupes selon que leur revenu ait augmenté ou diminué d’au moins 50% ou resté stable sur six ans.

Un participant sur cinq a eu une augmentation subséquente de salaire, passant d’une moyenne de 26 099 $ à 53 347 $. Un sur dix a subi une réduction d’environ 40 516 $ à 14 655 $. Le groupe restant est passé en moyenne de 43 897 dollars à 43 057 dollars, les salaires restants étant similaires.

Les chercheurs ont découvert que ceux dont le salaire augmentait réduisaient leur risque de maladie cardiovasculaire (MCV) de 14%. Ceci serait  principalement dû à un risque d’insuffisance cardiaque plus faible. En revanche, les participants dont le revenu a chuté ont présenté un risque de maladie cardiovasculaire 17% plus élevé.

Outre le montant du salaire, il existe d’autres mécanismes qui pourraient mettre le salarié dans la situation de développer la maladie cardiovasculaire. Reste que la diminution du salaire ou un salaire qui n’est plus à la hauteur de satisfaire un train vie normale pourrait induire des changements dans les comportements de santé. En effets, des études ont montré que les personnes en situation de stress financier sont plus susceptibles de consommer des aliments caloriquement denses, qui sont à bon marché.

Il existe un lien certain entre les MCV, la consommation d’alcool et de cigarettes et une augmentation du stress et de la dépression. Mais, cette nouvelle étude met en évidence les effets du stress financier sur la santé cardiaque du travailleur. Les participants qui ont développé des problèmes de santé ont probablement été plus susceptibles de subir une réduction de salaire.

Il est temps que les médecins et le grand public prennent conscience du risque que les circonstances financières pourraient entraîner dans le domaine des maladies cardiaques. Certains facteurs sociaux constituent une part importante du risque de maladie cardiovasculaire d’une personne. Les conditions d’existence matérielle du patient est un sujet dont on ne parle pas beaucoup en médecine.

Les AVC sont définis par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme « le développement rapide de signes cliniques localisés ou globaux de dysfonction cérébrale avec des symptômes durant plus de vingt-quatre heures pouvant entraîner la mort, sans autre cause apparente qu’une origine vasculaire ». Ce terme désigne en fait des affections très hétérogènes : les infarctus cérébraux (IC), représentant 80 à 90 % des AVC, les hémorragies intracérébrales (HIC) dans 10 à 20 % des cas, et les hémorragies méningées qui comptent pour moins de 2 % des AVC.

À travers le monde, ce sont 16 millions de nouveaux cas qui sont observés chaque année, responsables de 5,7 millions de décès.

Notis©2021

Par Mary Maz

Sources : JAMA Cardiology