Fumer est le principal facteur de risque de cancer du poumon, qui serait la première cause de mortalité du cancer dans le monde.
La recommandation sanitaire officielle se base principalement sur le nombre de paquets-années pour évaluer le risque de cancer du poumon. Le calcul consiste à multiplier le nombre de paquets de cigarettes fumés par jour par le nombre d’années de tabagisme.
Cette évaluation repose sur l’hypothèse que l’intensité et la durée du tabagisme sont tout aussi importantes en matière de risque de cancer du poumon.

Cependant, sur la base des conclusions d’une étude récente, les experts remettent en cause cette recommandation. Selon cette nouvelle étude, les fumeurs occasionnels endommagent leurs poumons autant que les gros fumeurs qui consomment plusieurs paquets par jour.
Méthode
L’étude, présentée dans le cadre du congrès annuel de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO), a analysé les données de près d’un million d’anciens combattants âgés de 50 à 80 ans. Les chercheurs ont comparé l’évolution du risque de développer un cancer du poumon au cours des cinq prochaines années, selon le critère standard du paquet-année, d’une part, et selon simplement le critère de la durée du tabagisme.
Ils ont constaté que la mesure de la durée du tabagisme (en années) était au moins aussi performante que le calcul standard du paquet-année et permettait, dans certains cas, d’identifier davantage de personnes à risque.
Surtout, ils soulignent que le recours aux critères de dépistage existants aurait entraîné le non-détection d’un nombre important de cancers. En effet, les personnes n’ayant pas fumé depuis 15 ans ou plus ne sont généralement pas éligibles au dépistage, quelle que soit la durée de leur tabagisme dans leur jeunesse. Selon ces directives, environ un cas sur six n’était pas éligible au dépistage.