Ce même phénomène a été observé au niveau de la régulation de la glycémie. « Si vous mangez lorsque le taux de mélatonine est élevé le soir, votre contrôle glycémique sera perturbé », a expliqué le professeur Scheer.

Le repas tardif

Les effets d’un repas tardif peuvent aller au-delà de la simple régulation de la glycémie. Des recherches ont montré que manger tard augmentait la sensation de faim le lendemain en perturbant les hormones qui régulent l’appétit et la satiété. Les personnes qui mangent tard produiraient moins de leptine, une hormone qui signale à notre cerveau la satiété.

Par ailleurs, l’heure des repas influence la façon dont notre corps stocke les graisses. Au lieu de les décomposer, manger tard peut inciter nos cellules à les stocker. À terme, cela pourrait rendre plus difficile le maintien d’un poids santé.

L’heure des repas est donc particulièrement importante pour les personnes porteuses de variants génétiques les prédisposant à la prise de poids.

Le petit-déjeuner copieux

Manger plus tôt pourrait également avoir des effets bénéfiques sur la santé cardiaque. Une étude menée auprès de plus de 100 000 personnes en France a révélé que celles qui prenaient leur petit-déjeuner tard présentaient un risque accru de maladies cardiovasculaires. Les chercheurs ont également constaté qu’un jeûne nocturne plus long, obtenu en mangeant plus tôt le soir plutôt qu’en retardant le petit-déjeuner, serait associé à une meilleure santé cardiaque.

Ceci pourrait être particulièrement pertinent pour les travailleurs postés, ainsi que pour d’autres groupes vulnérables aux perturbations du rythme circadien. Pour ceux qui travaillent de nuit, il est donc conseillé de limiter autant que possible leur alimentation à la journée – même si cela ne convient pas à tout le monde (par exemple, le personnel soignant peut avoir besoin de manger pour maintenir son niveau d’énergie).