Navi Pillay a appris la nouvelle de sa distinction alors qu’elle participait au Forum de Nuremberg, une rencontre consacrée au droit international qui se tenait à Nuremberg (Allemagne), lieu même des procès des criminels de guerre nazis ayant contribué à poser les fondements du droit international.

« Tout d’abord, dans ce lieu, vos applaudissements comptent énormément pour moi ». Puis, sur le ton de la plaisanterie, elle a ajouté : «  Si vous continuez à m’applaudir encore un peu, je pourrais partager ce prix avec Trump. Mais en tant qu’avocate et juge, je tiens tout de même à vérifier cette information. »

Mme Pillay est, par ailleurs,  juge « ad hoc » à la Cour internationale de justice — la plus haute instance judiciaire de l’ONU — dans le cadre de la procédure pour génocide engagée contre le Myanmar.

Sa ​​distinction a remis en lumière le conflit qui oppose M. Trump à la CPI. L’administration Trump a déjà imposé des sanctions à 13 membres du personnel de la CPI, notamment des procureurs clés et neuf juges, dont la présidente japonaise de la Cour, Tomoko Akane.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a lancé ce qu’il a qualifié de « vaste campagne visant à neutraliser la menace que représente la Cour pénale internationale ».

Dans son discours devant l’Assemblée générale des Nations unies le mois dernier, M. Trump a qualifié la Cour d’« institution hors de contrôle » et de « tribunal anti-américain sans compétence » à l’égard des États-Unis, exhortant les États membres à quitter immédiatement cette « institution voyou ».