Les gens polis ont été inculqués dès leur plus jeune âge qu’ils ne devraient pas trop parler d’eux-mêmes, pour ne pas paraitre « égocentrique ». À vrai dire, il s’agit là d’un « conservatisme » qui ne distingue pas les différentes manières de parler de soi. En effet, ce n’est pas le fait de parler de soi qui pose problème, mais comment on le fait.

Nous sommes tous confrontés à parler de nous-mêmes, dans un cadre personnel ou professionnel. Mais, nous le faisons naturellement, sans préparation. Il n’est donc pas surprenant que parfois, si le sujet est sensible, on enchaîne les maladresses entrainant la mésentente et finalement à la rupture.

Voici quelques pistes étapes à suivre pour que, tout en parlant de vous-même, votre discours puisse attirer le public, réconforter les gens et de susciter la bienveillance de vos ennemis

Cibler

Quand on parle de soi aux autres on s’attend consciemment ou inconsciemment à ce que ces derniers, d’une part, retiennent ce qu’on veut leur dire et, d’autre part, agissent en notre faveur.

Pour cela, il va falloir distraire, raconter quelque chose d’intéressant, de nouveau, qui sort de l’ordinaire.

Ce qui est intéressant à dire dépend de la personne à qui on s’adresse : En entretien de recrutement, on se focalise sur les compétences qui pourraient servir à l’entreprise ; Si l’on rencontre quelqu’un d’influence dans un cadre privé, notre intérêt est de fournir les éléments qui vont créer un lien.

Dans un cas comme dans l’autre, la difficulté consiste à porter ce message à une certaine maturité, d’autant plus que le temps dont on dispose est souvent très court.

l va donc s’agir de puiser dans son parcours et d’en extraire quelques éléments qui éveilleront l’intérêt de l’interlocuteur.

Construire

Un discours construit est indispensable. Il sera plus clair, plus compréhensible et fera de vous un tableau plus exact qu’une improvisation brouillonne qui laisserait de côté l’essentiel. C’est d’ailleurs encore plus vrai au téléphone : lorsqu’on ne dispose que de quelques secondes, son message doit être encore plus construit.

Pour mettre de l’ordre dans son discours, on pourra s’appuyer sur le modèle suivant :

En premier lieu, énoncer son « chapeau », phrase qui décrit ce qu’on est. Il sera suivi d’éléments de chronologie qui aideront à comprendre son parcours, le fil rouge de sa carrière.

On livrera ensuite ses domaines d’expertises et expériences majeures.

Puis on rappellera sa formation, on présentera son projet, on évoquera sa vie « dans le civil » pour finir par se remettre en situation d’écoute de l’interlocuteur. Le tout en 2 minutes maximum.

Sélectionner

Pour ce faire, la première étape consiste à rassembler le matériau avec lequel on va construire cette présentation.

D’abord, il faut se remémorer son parcours. Il y a toujours quelque chose dont on est très fier. Or quand on en a « plein la bouche », quand il est visible qu’on a envie de faire et qu’on sait faire, on est rassurant et convaincant. Attention cependant à ne pas vouloir tout dire. Surtout avec 10 ans d’expérience, on a plein d’aventures à raconter.

Un travail de sélection doit amener à choisir ce qui est le plus fort et vous caractérise le mieux. L’idée consiste aussi à fournir à ceux qui écoutent de quoi poser des questions, comme des pièges tendus.

Formaliser

Une fois défini le contenu du message, suit l’étape de sa formalisation. L’exercice consiste ici à trouver les mots qui seront les meilleurs témoins de ce qu’on est.

Ce travail se fait à l’écrit : seule façon d’être sûr que la phrase fonctionne bien, c’est aussi le meilleur moyen de se concentrer réellement.

Le but à atteindre est un message limpide, lumineux, où ce qui vous distingue apparaît très clairement.

Tester

Pour vérifier que son message est réussi, il est fortement recommandé de se poser un certain nombre de questions. « Est-il direct, simple, précis et structuré ? Utilise-t-il des images ? Possède-t-il du fond ? Y a-t-il des exemples ? Est-il innovant ? Est-il concret ? Est-il distrayant ? Excite-t-il la curiosité ? Est-il sincère ? Les transitions sont-elles bonnes ? A-t-il du style ? Raconte-t-il une histoire ? »…

Autant de pistes permettant d’affiner son message, de supprimer ce qui n’est pas nécessaire et de corriger les maladresses afin de le rendre plus clair et plus percutant. Ne restera plus qu’à se chronométrer.

Valoriser

Il est essentiel de savoir présenter ses réussites et ses atouts, la difficulté consistant alors à ne pas paraître se vanter. La clé est d’être sincère et de raconter comme une histoire la réussite en question.

Quelqu’un qui se montre excessif (moi-je-moi-je) sera vite insupportable. En revanche, si on raconte quelque chose d’extraordinaire de manière sincère avec une certaine dose d’humilité, cela passe très bien. Il ne faut donc pas hésiter à diminuer un peu son propre rôle dans le décor.

Si on évoque un travail d’équipe pour lequel on a tenu un rôle majeur, il est important de parler de ce qu’ont fait les autres, car on se valorise aussi.

Concrétiser

Les détails et les exemples apportent du concret à un discours et permettent de ne pas se perdre en généralités. Mais, il faut savoir les mentionner rapidement.

Lorsque vous évoquez les deux ou trois expertises qui sont les vôtres, vous pouvez ajouter par exemple, «  j’ai fait ça ». Mais c’est tout : cela n’intéresse pas forcément votre interlocuteur. Si son œil s’allume, vous le notez et plus tard vous pourrez développer.

De la même façon, les anecdotes marquent les esprits. Il s’agit là aussi de rester concis quitte, si on sent que l’interlocuteur est vraiment en attente sur le sujet, à entrer dans les détails.

Personnaliser

Lorsque l’on parle de soi, on est forcément amené à évoquer des éléments de sa vie privée. Nous sommes un tout : une facette professionnelle et une facette personnelle. Ce qui nous passionne, ce qui nous excite, ce qui nous donne envie d’aller travailler le matin… tout cela présente un intérêt évident : il est important de se rendre compte que son interlocuteur n’est pas qu’un « outil professionnel ». Il y a aussi une personne.

Nous déployons tant d’efforts pour paraître forts devant les autres – alors que le succès est un fardeau. ! La révélation de nos parties quelque peu embarrassantes, tristes, mélancoliques et anxieuses nous rend -à condition de ne pas trop en faire- attachants aux autres et transformer les étrangers en amis.

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