Dans son rapport annuel, «Inégalités extrêmes et émissions de CO2», publié le 02 décembre 2015, l’ONG OXFAM affirme que «le changement climatique est intrinsèquement lié aux inégalités économiques : c’est une crise induite par les émissions de gaz à effet de serre des nantis qui frappe le plus durement des pauvres».

Consommation individuelle

10% des habitants des pays les plus riches de la planète sont responsables de plus de la moitié des émissions de CO2, alors que la moitié la plus pauvre du globe n’est responsable que de 10 % des rejets polluants, constate le rapport d’OXFAM.

Alors que le calcul des émissions de CO2 se fait généralement en fonction de la production par pays, cette étude porte sur les émissions de CO2 directement liées à la consommation individuelle, et prend donc en compte les produits importés.

Le rapport montre qu’une personne qui fait partie des 1 % les plus riches au monde «génère en moyenne 175 fois plus de CO2 qu’une personne se situant dans les pays les plus pauvres».

Même si les émissions des pays émergents progressent très vite – la Chine est le premier pollueur au monde -, celles «liées au mode de consommation par habitants restent bien plus faibles que celles de leurs équivalents dans les pays riches de l’OCDE», conclu l’ONG de lutte contre la faim dans le monde

Taxe sur le carbone

Cette analyse est partagée par James Hansen, un scientifique américain connu pour son activisme écologique sans faille. Le Dr Hansen a déclaré que « ce n’est pas les émissions de CO2 enregistrées ces jours-ci qui ont causé le changement climatique. Si vous regardez les contributions cumulées par habitant aux émissions, le Royaume-Uni, les Etats-Unis et l’Allemagne sont de loin les plus responsables. La Chine sur cette échelle est une responsabilité insignifiante. Quant à l’Inde, elle est si petite qu’on ne la voit pas sur le tableau ».

Le Dr Hansen a averti que les combustibles fossiles, dont le charbon, sont des sources d’énergie beaucoup plu chères qu’on le croit. Il a dit: «Ils ne sont pas vraiment les moins chers, car ils ne comprennent pas le coût total pour la société. Ils sont partiellement subventionnés, mais surtout, ces coûts ne prennent pas en compte les effets de la pollution de l’air et la pollution de l’eau sur la santé humaine. Si votre enfant devient asthmatique, c’est vous qui allez payer ses soins de santé, pas la société qui produisent les combustibles fossiles. » Pour le Dr Hansen, l’effectivité d’une taxe généralisée et à la hausse sur le carbone serait une façon équitable de réduire l’effet de serre.

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