«Je vois que dans la salle, la réaction est positive, je n’entends pas d’objection. L’accord sur le climat est adopté », a déclaré Monsieur Fabius. Après son coup de marteau, marquant la fin de quinze jours de négociations, les délégués de 195 pays ont applaudi et crié leur joie d’être parvenu, le 11 décembre 2015, à un accord sans précédent sur le changement climatique mondial.
Accord historique
L’accord est historique parce que les négociateurs des pays clés – comme la Chine, les États-Unis et l’Inde – ont donné leur approbation à un projet d’accord présenté par les facilitateurs plus tôt dans la journée.
Concrètement, il s’agit d’une feuille de route pour limiter les émissions de gaz à effet de serre. L’objectif final est de rompre avec les combustibles fossiles qui ont alimenté l’économie mondiale depuis la révolution industrielle.
L’accord, qui prendra effet à partir de 2020, met fin à plusieurs décennies de bataille rangée entre les nations riches et les pays pauvres sur la manière de mener à bien ce qui sera un effort de plusieurs milliards de dollars afin de plafonner le réchauffement climatique et faire face aux conséquences désastreuses déjà visibles.
Cap sur l’effet de serre
L’accord de Paris fixe un objectif de limitation du réchauffement de la planète “bien en dessous” de 2,0 degrés Celsius (C°), tout en visant un objectif encore plus ambitieux de 1.5C°. Pour ce faire, les émissions de gaz à effet de serre devront atteindre un pic “dès que possible”, suivie par des réductions rapides, dit l’accord.
Le monde a déjà réchauffé de presque 1C°, ce qui a causé des problèmes majeurs pour de nombreuses personnes à travers le monde, en particulier dans les pays en développement, tels que les tempêtes, les sécheresses sévères et la montée des eaux, selon plusieurs rapports d’expertise.

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Les pays en développement ont toujours tenu à ce que les pays riches assument la part léonine de la responsabilité de la lutte contre le changement climatique, étant donné  que ces derniers émettent la plupart des gaz à effet de serre depuis la révolution industrielle.
Les États-Unis et d’autres pays riches ont rétorqué que les pays émergents doivent également faire plus. Ils ont soutenu que les pays en développement représentent désormais la plupart des émissions actuelles et sera donc en grande partie responsable du réchauffement futur.
Sur la question cruciale du financement, les pays développés ont convenu de réunir au moins 100 milliards $ par année à partir de 2020 pour aider les pays en développement. Cependant, suite aux objections des États-Unis, cette clause n’a pas été incluse dans la section « juridiquement contraignante» de l’accord.
Notis©2015