Le grand jazzman, Ellis Marsalis, est décédé le mercredi 01 avril 2020, à l’âge de 85 ans, après avoir contracté le coronavirus.

Pianiste et professeur de Musique, très respecté, Ellis Marsalis était le père du trompettiste Wynton, du tromboniste Defayo  et du saxophoniste Branford.

Né à la Nouvelle-Orléans – l’épicentre du monde du jazz – le 14 novembre 1934, Ellis était le fils des premiers Noirs financièrement émergeants du pays.

Ses parents l’inscrivent dès le bas âge dans un établissement catholique, la Xavier Junior School Of music. Il étudie la clarinette, joue dans le junior school of music orcherctra et, ayant appris trois accords, accompagne au piano le violoniste Edward Frank. Mais il est renvoyé car le règlement de d’école interdit la pratique du jazz. En 1948, à la Gilbert Academy, il rencontre le saxophoniste ténor Earl Battiste, puis le pianiste Roger Dickerson. Il se consacre alors au saxophone et forme avec Dickerson et d’autres adolescents du quartier les Groovy Boys. Toujours au ténor, il remplace ensuite au sein du Jonson Brothers Group, une des petites formations alors populaire à la Nouvelle Orléans, Plas Johnson, mobilisé à Los Angeles.

Il poursuit parallèlement ses études musicales à la Dillard University, mais hésite entre le piano et le saxophone. 1955-56 : encouragé par ses partenaires, il opte pour le piano, joue avec le saxophoniste Nat Parrillat, puis avec Edward Joseph Blackwell et le saxophoniste Harold Battiste (tous membres de l’American jazz quintet que complètent Alvin Batiste et déférents  basistes), part pour Los Angeles, où ils rejoignent Ornette Coleman. Après trois mois d’enthousiasme musical mais de marasme financier, il revient à La Nouvelle Orléans et travaille dans le motel de son père.

Mobilisé dans la marine, en Californie, il devient le pianiste de The Corp Four et participe à une émission de télévision avec le pianiste Calvin Jackson. Son service terminé, il joue à La nouvelle Orléans, avec Marshall Smith et James Black, au Playboy Club du French Quartier. Augmenté de Perrilliat, le groupe connait localement un certain succès et se produit dans le motel paternel. Premiers enregistrements au début des années 60, grâce à l’association AFO (All For One) créée par Harold Battiste.

Il commence à enseigner au New Orléans Center for the Creative Arts, tout en continuant à se produire localement, notamment avec le trompettiste Al Hirt (1967), et à accompagner les vedettes de passage, notamment les frères Adderley. Il sera aussi, avec l’orchestre symphonique de la Nouvelle-Orleans, le pianiste soliste de la Rhapsody In Blues de Gershwin. Mais c’est seulement à la fin des 70, sous l’effet paradoxal de la célébrité médiatique de son fils Wynton, que son nom devient connu hors de La Nouvelle-Orléans et du milieu des musiciens et, bientôt, hors des Etas unis d’Amérique.

Ellis et Wynton Marsalis

Quatre des six fils du patriarche du jazz New-Orleanais sont musiciens: Wynton, le trompettiste, est le plus éminent porte-parole du jazz américain en tant que directeur artistique du Jazz au Lincoln Center de New York. Branford, le saxophoniste, a dirigé le groupe The Tonight Show et a fait une tournée avec Sting. Delfeayo, tromboniste, est un producteur et interprète de premier plan. Et Jason, le batteur, s’est fait un nom avec son propre groupe et en tant qu’accompagnateur. Ellis III, qui a décidé que la musique n’était pas sa tasse de thé, est photographe-poète à Baltimore.

Ellis Marsalis a été intronisé au « Louisiana Music Hall of Fame » en 2018.

Peu de temps après son décès, l’institution « Jazz at Lincoln Center » de New York, au sein duquel Wynton occupe le poste de directeur artistique, a publié un communiqué déclarant: “Avec tristesse et le cœur lourd,  au revoir à Ellis Marsalis, l’un des artistes et des professeurs de musique les plus marquants de son époque, voire de tous les temps. L’impact profond d’Ellis sur la musique est incarné par les nombreux musiciens dont il a formé, inspiré et éduqué”

Notis©2020

Par Sidney Usher

Source : Le Dictionnaire du Jazz

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