Pendant une conversation de 10 minutes, 60% des adultes mentent au moins une fois, selon une étude parue en 2002. On (se) ment donc tout le temps.

La plupart du temps il s’agit de «mensonges sociaux», ces petits mensonges que nous pratiquons tous pour ne rien dire. Mais, il y a aussi des gros mensonges qui peuvent avoir des conséquences incommensurables. D’où la nécessité de les détecter avant qu’il ne soit trop tard.

Avec la montée de la fraude, le détournement de biens sociaux, le piratage et la violation du secret professionnel…  les cabinets d’analyse comportementale sont souvent sollicités. Voici quelques méthodes que ces spécialistes utilisent  pour démasquer les menteurs patentés.

Le comportement

Il est difficile de déterminer avec précision si quelqu’un est en train de mentir. Le taux de réussite d’une telle entreprise menée par un professionnel est estimé à 54%. Cette incertitude est due à la spécificité de chaque menteur et au fait que toute relation humaine exige un minimum de confiance. Si on met en doute systématiquement la vérité ou l’honnêteté d’autrui, c’est  tout le processus de la communication qui s’effondre.

Il semble que tous les menteurs évitent le contact visuel, qu’ils changent leur regard rapidement de gauche à droite. Il ne s’agit que d’une supposition. Les menteurs récidivistes n’ont aucun mal à regarder leurs victimes dans les yeux, parce qu’ils savent qu’ils peuvent être trahis par leurs propres gestes.

L’analyse du comportement n’étant pas une science exacte, elle n’est pas suffisante pour détecter un menteur, il faut donc faire faire attention à d’autres signes, comme l’expression faciale.

Tout geste est généralement accompagné d’une émotion. Les muscles du visage s’activent pour exprimer une émotion réelle. Le sentiment ne ment pas. Le sourire est un bon exemple. En effet, un sourire sincère active les muscles qui gravitent autour des yeux. Avec un faux sourire, vous aurez ouvert  la bouche aussi grande que possible, les muscles des yeux ne bougeront pas d’un iota. C’est peut-être facile à dire, mais ce n’est pas facile à faire. Le sourire incomplet est le signe de la malhonnêteté.

Mentir demande un grand effort mental. Le menteur a besoin d’une histoire cohérente et plausible qui ne donne pas trop de détails. Les menteurs ont tendance à donner moins d’information que les gens qui disent la vérité. Ils font des pauses ou hésitent souvent, surtout quand ils n’ont pas appris leur mensonge par cœur.

L’interrogatoire

Après des années d’interrogatoires et d’entrevues, des anciens agents de la CIA (Central Intelligence Agency des États-Unis) ont développé une méthode de détection de mensonge. A travers un livre intitulé «Get The Thruth» (obtenir la vérité), Michael Floyd  et ses collègues expliquent les signaux d’alerte au mensonge.

Tout d’abord, ils ont constaté que les grands menteurs font de grands gestes, porte fréquemment leurs mains à leur visage ou éclaircissent  souvent la gorge. Faire des déclarations persuasives pour montrer que tout va bien est également une indication. Être agressif ou attaquer quelqu’un est aussi  une indication du mensonge. Les ex agents de la CIA citent également la manipulation, lorsque le présumé menteur essaye de contrôler la situation en répétant des questions ou en faisant des déclarations non-réponse, comme “c’est une bonne question”.

A la lecture de ce bouquin, les chefs d’entreprises devraient avoir  un œil attentif sur la façon dont leurs employés réagissent à leurs questions, afin de détecter certains ces signes avant-coureur d’une fraude.

Reste qu’il est difficile de dire si quelqu’un est malhonnête ou ment, si on ne communique pas constamment avec lui. Généralement, on ne surveille pas les indications verbales et visuelles du mensonge sur une base quotidienne.

La construction d’une confiance au quotidien améliore les l’ambiance et éloigne les mauvaises intentions. Gérer une entreprise dans l’intégrité, la transparence en étant honnête envers soi-même oblige les employés à ne pas mentir.

Notis©2015

Sources: “Spy the lie, Get the Truth” by Philip Houston (Author), Michael Floyd (Author), Susan Carnicero (Author), Peter Romary