La production alimentaire représente un quart des émissions de co2 à l’origine du changement climatique, si l’on tient compte de toutes les étapes nécessaires pour acheminer la nourriture, des champs de culture à la table d’assiette, en passant par le défrichage des terres, la fabrication et l’application d’engrais, l’élevage, l’emballage et le transport.

À mesure que le changement climatique avance, la quantité de nourriture devrait en moyenne, à l’échelle mondiale, diminuer. Cela signifie moins de nourriture pour une population croissante.

En outre, il faudrait s’attendre à un nombre croissant d’événements météorologiques extrêmes dus au changement climatique ; les sécheresses, les inondations et les tempêtes, qui peuvent dévaster ou réduire la taille d’une récolte. Le plus inquiétant est que ces événements météorologiques extrêmes sont de plus en plus connectés à travers de vastes zones, par exemple l’hémisphère nord, provoquant potentiellement des pénuries alimentaires majeures.

Beaucoup de gens seront surpris d’apprendre que la cuisine faite maison peut favoriser le changement climatique. Mais, la recherche montre bien que rôtir les légumes au four fait généralement plus que doubler leurs impacts climatiques. Mettre le four en marche pendant deux heures contribue à environ 2 kg de CO2. Une pomme de terre cuite au four est bien pire qu’une pomme de terre cuite à la micro-onde, car l’utilisation de la micro-onde pendant huit minutes contribue à moins de 0,1 kg de CO2.

A force de sous-estimer les émissions en carbone des aliments, « la plupart des gens subiront le changement climatique principalement à travers l’impact sur la nourriture : la nourriture qu’ils mangent, le prix qu’ils paient pour cela, la disponibilité et le choix dont ils disposent », a affirmé Tim Gore, de l’organisation Oxfam.

Ralentir l’empreinte carbonique de la consommation alimentaire passe par un choix sélectif de la nourriture. En effet, tous les aliments ne sont pas égaux face au changement climatique. Il est, par exemple, prouvé qu’un dîner de steak est plus de 20 fois pire pour le climat que le dîner de haricots, même après avoir pris en compte la cuisson.

Le bœuf a une empreinte carbone notoirement élevée en raison de la quantité de terres et de ressources nécessaires pour élever du bétail. Les scientifiques ont découvert qu’un quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre proviennent de la production alimentaire, tandis que la moitié de toutes les émissions d’animaux d’élevage proviennent uniquement du bœuf et de l’agneau.

Environ 5% des calories consommées par une vache sont à nouveau rejetées sous forme de méthane, qui est un puissant gaz à effet de serre.

L’on pourrait s’interroger sur l’effet des haricots sur le système digestif – pourraient-ils aussi contribuer au changement climatique ? Il s’avère que des chercheurs ont étudié les pets humains et ont découvert que manger des haricots n’augmente pas la quantité de méthane qu’ils contiennent.

Un steak de 8 oz (227 g) contient 100 % de l’apport quotidien recommandé en protéines – 1,7 oz (50 g). Par conséquent, il n’est pas indispensable de consommer toutes ces protéines quotidiennes en un seul repas. Il serait sage de réduire la masse de steak à consommer de 8 oz à 4 oz (113 g) et compléter le repas avec quelques haricots, noix, poisson ou produits laitiers.

Les légumes de saison sont généralement à portée de main toute l’année. En revanche, en ce qui concerne des légumes hors saison, il faut ajouter des kilomètres aériens à la nourriture. Le transport par bateau n’ajoute généralement qu’une petite quantité à l’impact climatique de la production alimentaire. Mais le fret aérien a 100 fois plus d’impact sur le climat que le transport de la même quantité de nourriture par bateau. Il est donc mieux pour le climat de manger un steak moins épais de 4 onces et une portion d’asperges transportées par avion. Mais ajouter une portion d’asperges transportées par avion au dîner de pommes de terre et de haricots ferait plus que doubler son impact sur le climat.

Il est presqu’impossible pour le consommateur de savoir si sa nourriture a été expédiée par avion ou par bateau. Cependant, généralement la nourriture produit ailleurs nous parvient par bateau ; il est peu probable qu’elle soit importée par avion. Les bananes, les oranges, les pommes et les aliments secs comme le riz, les haricots et les noix sont des exemples d’aliments qui se transportent bien par bateau. En revanche, les fruits et légumes périssables, y compris les myrtilles, les fraises, les asperges et les haricots verts doivent être transportés avant qu’ils ne se s’abîment, et doivent donc voyager par avion. Toutefois, il existe une zone grise concernant les fruits robustes pré-décortiqués, comme les mangues et les ananas, qui peuvent être traités avant d’être transportés, si les coûts de la main-d’œuvre sont moins élevés dans le pays d’origine.

L’étiquetage peut aider à remédier au manque de sensibilisation des consommateurs sur l’impact climatique des aliments. Certaines marques alimentaires indiquent les émissions de chacun de leurs produits sur leurs emballages. Mais certaines personnes peuvent avoir un sentiment de déjà-vu. D’autres avaient, en effet, commencé à imprimer l’empreinte du CO2 sur leurs emballages, avant d’arrêter de le faire, car cela ne leur donnait pas d’avantage (de valeur ajoutée) sur le marché.

Certains pays, comme le Danemark, ont décidé d’imposer l’étiquetage climatique des aliments, publiant même des directives diététiques spécifiquement consacrées aux impacts climatiques, notamment en recommandant de manger moins de viande et plus de plantes.

Notis©2021

Par Sidney Usher

Sources : « Food and Climate Change: Without the Hot Air » par Sarah Bridle,