Dans un livre intitulé « THE WOOD AGE » (« l’âge du bois »), l’universitaire Roland Ennos, professeur de biologie, dresse un portrait détaillé et décalé de notre dette envers les arbres, qui est incalculable. En tant que matériau structurel, écrit-il, le bois est « inégalé », plus léger que l’eau mais solide et capable de durer pendant des siècles.

Les arbres oxygènent notre atmosphère, nous donnent de l’ombre le jour et de la chaleur la nuit ; les feux de bois nous ont fait cuisiner au lieu de manger des aliments crus… »

Grâce à la cuisine, écrit le professeur Ennos, les chasseurs-cueilleurs modernes n’ont à mâcher qu’une heure par jour, tandis que les chimpanzés doivent mâcher cinq à six heures. « Cela libère beaucoup de temps pour d’autres tâches. »

Roland Ennos livre également une théorie inédite sur Stonehenge, le célèbre site qui attire chaque année plus d’un million de visiteurs. Selon lui, les pierres qui composent le monument mégalithique ne sont peut-être que les piliers de soutien internes d’une vaste structure en bois, étant donné qu’il y a d’énormes trous de poteaux en bois plus loin.

Cette théorie procure une image étonnante du temple circulaire; celle de la plus grande rotonde en bois jamais construite.

Le temple de Stonehenge

Les propriétés plus légères que l’eau du bois nous ont donné des bateaux, et donc un accès à la mer, à la pêche, à l’exploration et aux voyages. Le bois nous a aussi donné les premières roues, menant aux chariots, aux chars et à l’humble mais brillante brouette.

Il nous a également donné le violon Stradivarius, dont le son sublime ne peut jamais être reproduit par aucun luthier moderne, semble-t-il, car le petit âge glaciaire où Stradivarius était vivant (1644-1737) signifiait que les épicéas des Alpes qu’il utilisait étaient particulièrement riches pour produire le son le plus brillant et le plus résonnant.

Le bois nous a aussi donné du charbon, matériau combustible, qui -par une triste ironie – a permis à l’homme de produire des outils de plus en plus tranchants pour l’abattre.

Roland Ennos constate et décrit avec amertume la vie moderne : « nous vivons des vies dépendantes, faiblement dépendantes de chaînes d’approvisionnement de plus en plus étirées offrant une abondance qui n’est pas durable. Cela ne semble pas non plus rendre les gens très heureux ».

Roland Ennos prône le retour à plus d’« économies circulaires à petite échelle » avec le bois comme matériau clé : « gérons correctement nos forêts ; le bois est une ressource infiniment renouvelable, contrairement aux combustibles fossiles. »

La meilleure chose que nous puissions faire est de protéger les quelques forêts anciennes qui nous restent. La meilleure chose à faire est de planter des arbres.

Pour notre propre santé physique et psychologique « nous devons retourner à l’âge du bois ».

Notis©2021

Par Sidney Usher