Les êtres humains vont-ils reconnaître les signes du changement climatique avant qu’il ne soit trop tard? La question mérite d’être posée, car les conditions météorologiques extrêmes associées au changement climatique sont en train de devenir la nouvelle norme. Le bouleversement climatique semble si normal que les gens n’en parlent pas autant que, par exemple, la météo. Les politiciens alimentent et profite de ce déni collectif pour ne pas prendre des mesures contraignantes contre le réchauffement climatique. Si rien n’est fait, les conditions historiquement inhabituelles et souvent traumatisantes du climat déboucheront sur une effroyable catastrophe finale.

Une étude (publiée dans le journal “Proceedings” de la “National Academy of Science”) a examiné la réaction de la population face au réchauffement climatique sous l’angle de plus de 2 milliards de messages Twitter.

Dans cette étude intéressante, les chercheurs ont examiné plus de 2,18 milliards de tweets géolocalisés créés entre mars 2014 et novembre 2016. Ils ont constaté que lorsque les températures étaient terriblement inhabituelles pour une période de l’année, les gens la commentaient. Cependant, si la même chose se répétait les années suivantes à peu près au même moment, les gens cessaient de faire autant de commentaires. Pis, si cette météo persistait année après année, cela suscitait moins de commentaires sur Twitter, signe que les catastrophes climatiques devenaient normales dans un laps de temps relativement court.

L’équipe de recherche est parvenue à la conclusion que les êtres humains ne sont peut-être pas les meilleurs juges des changements de température, en particulier au niveau des observations. En d’autres termes, les conditions météorologiques des années précédentes déterminent l’évaluation des conditions météorologiques actuelles, plutôt que de les examiner dans le contexte historique.

“Nous risquons de normaliser rapidement les conditions que nous ne souhaitons pas normaliser”, a déclaré l’auteur principal Frances C. Moore, professeur adjoint au Département des sciences et politiques de l’environnement de l’Université de Californie à Davis (USA).

Les incendies de forêt australiens envoient des braises dans l’atmosphère et ravagent tout sur son passage (habitants, bâtiments…)

“Nous vivons dans des conditions historiquement extrêmes, mais elles pourraient ne pas sembler particulièrement inhabituelles si nous avons tendance à oublier ce qui s’est passé il y a plus de cinq ans.”

Les auteurs de l’étude rapproche ce comportement humain à la métaphore de la « grenouille bouillante »: la grenouille est plongée dans un récipient d’eau. Puis, l’eau est amenée à ébullition lentement, cependant, la grenouille  ne perçoit pas le danger et sera cuite à mort.

« Bien que personne ne veuille vraiment faire une telle chose à une grenouille – la métaphore est un récit édifiant », ont dit les experts, mettant en garde contre la normalisation des conditions en constante évolution causées par le changement climatique.

«Les gens semblent s’habituer aux changements climatique qu’ils préfèrent éviter. Mais ce n’est pas parce qu’ils n’en parlent pas que cela ne signifie pas que la situation n’est pas encore plus grave qu’hier » a déclaré M. Moore, co-auteur de l’étude.

Notis©2020

Par Sidney Usher