Une équipe mondiale de scientifiques a averti que “des souffrances humaines indicibles” sont inévitables sans changements profonds et durables dans les activités humaines qui contribuent aux émissions de gaz à effet de serre et autres facteurs liés au changement climatique.

Publié dans la revue BioScience, la lettre ouverte, signée par 11 258 scientifiques issus de 153 pays, déclare : « … clairement et sans équivoque que la planète Terre est confrontée à une urgence climatique ».

Cette déclaration liminaire n’est pas, selon les signataires, une parole en l’air de gens qui crient “le ciel est en train de tomber”, mais est bien basée sur l’analyse scientifique de plus de 40 années de données accessibles au public – couvrant un large éventail de sujets – notamment l’utilisation d’énergie, la température de surface, la croissance démographique, l’érosion, la déforestation, l’effondrement en masse de glace polaire, taux de fertilité, produit intérieur brut et émissions de carbone.

La lettre ouverte ne se contente pas de déclarer « l’urgence climatique » ; elle décri, en outre, les six zones où l’humanité devrait prendre des mesures immédiates pour ralentir les effets du réchauffement de la planète :

1. Energie

Mettre en œuvre des pratiques de conservation massives; remplacer les combustibles fossiles par des énergies renouvelables propres; laisser les stocks restants de combustibles fossiles dans le sol; éliminer les subventions aux entreprises de combustibles fossiles et imposer des redevances sur le carbone suffisamment élevées pour limiter l’utilisation de combustibles fossiles.

2. Polluants de courte durée

Réduire rapidement les émissions de méthane, d’hydrofluorocarbones, de suie et d’autres polluants climatiques de courte durée. Cette action d’urgence pourrait potentiellement réduire de plus de 50% la tendance au réchauffement à court terme au cours des prochaines décennies.

3. Déforestation massive

Restaurer et protéger des écosystèmes tels que les forêts, les prairies et les jardins naturels, ce qui contribuerait grandement à la cantonner la diffusion du dioxyde de carbone atmosphérique, un gaz clé de effet de serre.

4. Nourriture

Mangez surtout des plantes et consommez moins de produits d’origine animale. Ce changement de régime alimentaire permettrait de réduire considérablement les émissions de méthane et d’autres gaz à effet de serre. En outre cela libérerait des terres agricoles affectées à la production de nourriture humaine plutôt que d’aliments pour le bétail.

La réduction du gaspillage alimentaire est également cruciale – les scientifiques affirment qu’au moins un tiers de tous les aliments produits finissent dans les ordures.

5. Economie

Convertir la dépendance de l’économie sur les carburants carbonés pour remédier à la dépendance de l’homme vis-à-vis de la biosphère.

Favoriser le partage des dividendes de la croissance, en d’autres termes réduire la fracture sociale en faisant coïncider l’objectif de la croissance du produit intérieur brut et  la recherche de la richesse.

Limiter l’extraction des matériaux et l’exploitation des écosystèmes pour maintenir la durabilité de la biosphère à long terme.

6. Démographie

Stabiliser la population mondiale, qui augmente de plus de 200 000 personnes par jour, en utilisant des approches garantissant la justice sociale et économique.

Alors que la fécondité mondiale devrait diminuer – une tendance déjà en cours – la population continuera à augmenter de manière spectaculaire au cours des prochaines décennies.

D’ici 2030, on estime qu’il y aura  8,5 milliards le nombre de personnes dans le monde. Un rapport de l’ONU prévoit que ce chiffre passera à 9,7 milliards d’ici 2050 et à 10,9 milliards d’ici 2100.

Dans la conclusion de la lettre, les scientifiques du monde entier avertissent non seulement l’humanité tout entière, mais expriment également leur volonté “d’assister les décideurs dans une transition juste vers un avenir durable et équitable”.

Surtout, ils veulent que les décideurs, le secteur privé et le public comprennent l’ampleur de cette crise et réalignent leurs priorités en matière d’atténuation du changement climatique.

«La bonne nouvelle est qu’un tel changement, fondé sur une justice sociale et économique pour tous, promet un bien-être humain bien supérieur à celui que proposent les entreprises. Nous pensons que les perspectives seront meilleures si les décideurs et l’ensemble de l’humanité réagissent promptement. Cet avertissement et cette déclaration d’urgence climatique a pour seul et unique objectif de maintenir la vie sur la planète Terre, notre unique demeure “, conclut la lettre.

Notis©2019

Par Sydney Usher