Bon nombre des changements qui ont déterminé la dernière décennie étaient relativement faciles à prévoir : la prolifération de la technologie numérique et des médias  sociaux était prévu ; la crise climatique se profilait bien avant l’aube de 2010, beaucoup d’expert soulignant déjà l’urgence croissante de la crise climatique. D’autres changements étaient moins évidents, comme l’émergence d’une économie de partage ainsi que le retour du populisme ténébreux.

Voici les questions essentielles que le monde du travail devrait aborder dans les 120 prochains mois.

1. Le PDG deviendra-t-il le principal décideur de la société?

Le monde du travail change. Ce qui ne change pas, c’est l’obligation des PDG de prendre des décisions qui apportent une valeur à long terme. L’importance de la prise de risques reste un thème clé – 57% des PDG pensent qu’il y a plus d’opportunités que de risques à affronter activement les grands défis mondiaux, comme l’inégalité entre les sexes et le changement climatique.

2. Quelle est la bonne façon d’utiliser les bases de données?

La croissance vient de la prise de meilleures décisions. Depuis la stratégie jusqu’à la planification, en passant par l’exécution, la constitution de base de données est cruciale. En fait, 41% des directeurs financiers pensent que l’insuffisance des données est un obstacle majeur à l’optimisation du capital.

3. Comment nourrir deux milliards de bouches?

La croissance démographique sera une tendance extrêmement conséquente dans les années à venir – l’ONU prévoit que la planète comptera près de 10 milliards d’habitants d’ici 2050, contre 8 milliards en 2019. Comment nourrirons-nous deux milliards de personnes supplémentaires face à la précarité climatique croissante et à la diminution des terres arables? L’industrie alimentaire devra changer radicalement au cours de la prochaine décennie pour répondre à la demande croissante et changeante. Comprendre la nature de ce changement signifie être prêt à conquérir ce marché à mesure qu’il se transforme.

4. Peut-on  accroître la richesse sans accroître les inégalités?

La croissance est bonne. La croissance est ce qui nous permet de construire nos maisons, de nourrir nos familles, de guérir nos malades et de financer l’innovation. Mais lorsque l’inégalité entre les plus riches et les plus pauvres s’accroît, elle peut engendrer du ressentiment, de l’animosité et de l’instabilité politique. Le passage à une croissance plus inclusive et équitable peut aider à répondre à ces angoisses. Les futurs modèles de croissance, d’affaires et de fiscalité doivent prendre en compte la durabilité du climat, ainsi qu’une répartition équitable et inclusive de la richesse et des avantages générés par les entreprises.

5. il y aura-t-il un nouvel ordre mondial?

L’une des plus grandes tendances transformatrices auxquelles sont actuellement confrontées les entreprises – et la société dans son ensemble – est la transformation politique. Depuis 70 ans, les entreprises mondiales opèrent dans un ordre économique mondial largement fondé sur des règles et dirigé par les États-Unis. Mais, cela commence à changer. Les anciennes certitudes ne tiennent plus au milieu de la montée du populisme et du protectionnisme économique, des changements d’influence des organismes internationaux, de la résurgence de la Chine, dans un paysage réglementaire en marche vers la transformation technologique. Comprendre la géopolitique de ce nouveau monde inconnu est essentiel.

6. La 5G sera-t-elle pour les années 20 ce que le haut débit était pour les années 2000?

Le déploiement en masse des réseaux de données de 5e génération (ou 5G) – qui devrait atteindre la moitié de la population mondiale d’ici 2024 – sera moins exotique mais peut-être pas moins radical que l’informatique quantique. La 5G peut être la clé principale qui libèrera le potentiel de masse, entre autres, des solutions des objets (voitures, maisons, villes…) connectés.

7. L’argent liquide a-t-il encore un rôle à jouer dans l’économie mondiale?

Nous échangeons des pièces depuis des milliers d’années, mais l’essor des transactions sans numéraire, du commerce en ligne et des plates-formes de paiement numériques pourrait y remédier. Comme pour toute transformation radicale, la prudence est de mise. La gestion d’une transition sans cash est lourde de problèmes potentiels. Malgré la croissance des taux d’adoption des nouveaux modes de paiement, la monnaie numérique souffre de déficits de confiance. Les stratégies révolutionnaires peuvent également être difficiles à concevoir et à mettre en œuvre – retirer trop rapidement des liquidités des économies pourrait entraîner une multitude de conséquences imprévues.

8. Comment pouvons-nous mieux mesurer la valeur d’une entreprise?

Malgré son importance, la confiance dans les entreprises n’est pas élevée. Seuls 58% des dirigeants financiers estiment que le public a une confiance suffisante dans les affaires, et rétablir la confiance signifie créer des modèles de transparence dans la gestion. Cela implique l’amélioration de l’auto-évaluation – et pas seulement les bilans (états financiers de synthèse comptable, fiscale et sociale), mais aussi les données non financières.

9. Comment traduire l’urgence en action contre le changement climatique?

On ne peut y échapper – l’un des principaux moteurs du changement climatique a toujours été l’activité commerciale. Garder les augmentations de température prévues dans la plage de 1,5 ̊C recommandée par l’Accord de Paris signifie le reconnaître. Encore une fois, les rapports et les mesures sont essentiels. Sans surprise, les différentes régions et secteurs surclassent les autres dans la qualité de leurs rapports et informations climatologiques. Mais instaurer la confiance et agir directement est essentiel pour une gestion efficace du changement climatique.

10. La technologie et la confiance sont-elles compatibles?

La bonne nouvelle pour les organisations qui cherchent à améliorer la surveillance de leurs propres opérations et à améliorer la façon dont elles communiquent cette confiance au public est le progrès technologique. Par exemple, l’IA peut fournir aux organisations des vues beaucoup plus approfondies et plus perspicaces de leurs données, leur permettant de voir et de comprendre leurs propres opérations et d’identifier et de corriger à l’avance les problèmes critiques de conformité ou autres.

Notis©2019

Par Sidney Usher