Dans un article paru le 23 novembre 1997 dans le magazine du dimanche de Cleveland, le journaliste Michael Drexler écrit : « la plupart des personnes qui l’ont connu dit qu’il a été assassiné en raison de sa lourde dette accumulées envers les dealers».
Cette dernière hypothèse a été rejetée par Edward Ayler. Selon lui, son fils ne fumait pas de drogue dure. Dans la même veine, Don Ayler a reconnu qu’il leur arrivait de fumer de la marijuana, lors des tournées. Toutefois, « jamais il n’a été question de consommer des drogues d’accoutumance, telles que l’héroïne ou la cocaïne. Tout juste avant sa disparition, ajouta-t-il, il nous a dit ceci: ‘‘Nous sommes la musique que nous jouons. Nous sommes tenus d’avoir une vie saine, de sorte que notre musique garde sa pureté. Jamais je ne garderai dans mon groupe un accro’’ »
Iles de Liberté
Ce n’est qu’en 1983 que Mary Parks livra sa version de la mort d’Albert Ayler au journaliste anglais Mike Hames. Selon elle: « les contraintes de la survie du musicien à New York ont eu un impact négatif sur le frère d’Albert, Donald. Leur mère (myrte Ayler) a reproché à Albert d’avoir introduit Donald dans le monde des musiciens et elle le pressait continuellement pour qu’il ait l’œil sur Donald. Albert fit de son mieux. Mais pas question pour lui de le garder sous son toit ni de jouer de la musique avec lui. Après deux ans passés sous la pression et les menaces de sa mère, Albert a fini par jeter l’éponge ».
De cette entrevue avec Mike Hames, il ressort qu’Albert Ayler dit à Mary Parks qu’il était prêt au sacrifice suprême pour sauver sa mère et son frère. Pensant déjà à la mort, à l’âge de 34 ans, Albert Ayler aurait même fixé les modalités de la répartition de ses droits d’auteur, après son départ.