Mariam Chabi Talata est la première femme vice-présidente du Bénin. L’ancienne enseignante et inspectrice scolaire fait partie d’un nombre restreint, mais croissant de femmes qui accèdent à des fonctions supérieures en Afrique subsaharienne – et apportent souvent avec elles un penchant plus féministe de la politique.

Mariam Chabi Talata a été nommée en 2021 lorsque Patrice Talon, un riche magnat de l’industrie du coton, a été réélu pour un second mandat à la présidence.

Le Bénin, un pays d’Afrique de l’Ouest de 12 millions d’habitants sur le golfe de Guinée pris en sandwich entre le Togo et le Nigeria, a une riche histoire de femmes légendaires autonomes. En effet,  en tant que royaume du Dahomey, le pays avait son propre régiment entièrement féminin d’Amazones – « une armée essentiellement composée de femmes qui sont allées se battre ».

Aujourd’hui, le taux de mortalité maternelle au Bénin, est élevé – près de 400 femmes meurent pour 100 000 naissances vivantes. Le risque pour une femme de mourir pendant la grossesse ou l’accouchement est de 01 sur 49. En comparaison, le risque pour une femme au Royaume-Uni est de 01 sur 8 400. Selon le ministre béninois de la Santé, environ 20 % des décès maternels sont le résultat d’avortements illégaux dangereux.

Quelle que soit votre opinion sur l’avortement, des procédures sûres et légales sont nécessaires pour empêcher les filles et les femmes de mourir après des avortements dangereux et illégaux, selon la vice Présidente : Une femme « doit avoir le contrôle de son être et de son corps  et elle doit décider de son avenir. Nous savons tous que lorsque la grossesse survient dans certaines conditions, ces grossesses peuvent entraver l’avenir de nos filles. Nous avons fait un grand bond en avant. Tout le monde savait que c’était nécessaire. »

Pour beaucoup au Bénin, la loi sur l’avortement est une lueur d’espoir dans un tableau autrement sombre alors que les analystes préviennent que le pays pourrait évoluer dans une direction hors des sillions tracés par le « Père de la Démocratie Africaine«  après la répression post-électorale du Président Talon contre ses détracteurs.

Cepebdant, Madame Talata, mère de quatre enfants, utilise son mandat non seulement pour faire pression en faveur de changements dans la santé des femmes mais, plus important encore dans l’éducation.

Mariam Chabi TALATA, Vice-Présidente de la République du Bénin (2021 – 2026)

« L’éducation des filles, dit-elle, reste le plus grand défi – et la plus grande ressource du Bénin. Une femme éduquée est capable de se défendre.  Une femme instruite est capable de prendre sa vie en main. Une femme instruite est capable de participer à la gestion de son pays. »

Manifestement la Vice Présidente s’est bien servi de son éducation, notamment en devenant l’un des membres fondateurs du parti de l’Union progressiste du Bénin. « Les gens diraient que je suis une féministe ». Ce dernier mot continue d’engendrer la méfiance chez nombre de ses collègues. « Mais en fait, je me bats simplement pour que chacun jouisse des droits que la loi lui reconnaît. Je constate que les femmes sont plus victimes des inégalités sociales que les hommes. »

« Je suis féministe, mais je crois qu’il faut bien plus que cela, bien plus d’engagement que cela, pour être qualifiée de féministe. Je fais juste ce que je peux pour la promotion des femmes, pour leur émancipation ».

Notis©2022

Par Mary Maz