Comme une machine à rayon X, la pandémie du coronavirus a mis en évidence les inégalités profondément ancrées dans la société. Sans réformes radicales, cette nouvelle crise sanitaire (et économique) mondiale risque également de les aggraver.

En pleine pandémie, les gens instruits ont toujours un emploi qu’ils continuent d’exercer presque de la même manière : Ils parlent, s’entretiennent via les « Zooms» (conférence virtuelles) et sont payés de la même manière, voire plus.

En revanche, ceux qui ont une éducation moins formelle sont souvent des travailleurs essentiels (qui) risquent leur vie en « flirtant » avec le virus massivement  mortel. Ceux qui n’exercent pas un « emploi essentiel », pourraient perdre leur emploi. Mais, la majorité d’entre eux sont déjà dans un chômage de longue durée.

Aux États-Unis, par exemple, les taux de mortalité ont augmenté pour ceux sans diplôme universitaire et sont infimes pour ceux qui en ont un. En outre, les taux de mortalité par la COVID19 sont beaucoup plus élevés chez les Afro-Américains que dans la communauté des Blancs.

Une réforme immédiate et profonde est nécessaire, si les dirigeants veulent vraiment arrêter cette hémorragie grotesque.

La double peine

Les problèmes de santé est un véritable chantier pour de nombreux Etats, quelque soit leur taille et importance sur l’échiquier mondial. L’organisation de la santé est sans doute un domaine clé pour le changement en faveur d’un monde meilleur pour tous.

Il faut donc espérer  que la pandémie force finalement la réforme des soins de santé, non seulement dans les pays en développement, mais aussi dans des grandes économies, car les gens se rendront compte que ce n’est tout simplement plus possible de continuer dans un tel système.

Dans le capitalisme intégral, la perte d’un emploi équivaut à la perte de l’assurance maladie. En d’autres termes, quand on a perdu son emploi on n’est plus couvert par une quelconque assurance.

Dans certains pays où le traitement n’est pas pris en charge par le gouvernement, Il y a un grand nombre de personnes qui ont été traitées et guéris ; ils  ont survécu mais se retrouveront avec d’énormes factures médicales. Il y a également un grand nombre de personnes décédées des suites du nouveau virus et leurs familles se retrouveront avec d’énormes factures médicales.

Ces factures resteront impayées, car  même les personnes qui ont une assurance ne pourront pas le faire, en raison de certaines clauses malicieuses (exceptions, abattements, franchises…) « dédouanant » les assureurs.

En matière de santé, la France, le Canada, l’Allemagne et la Suisse sont des modèles à suivre. Il est en effet insensé de prétendre que le marché peut à lui seul fournir des soins de santé efficace pour tous. Cela n’est tout simplement pas possible !

Tout ce qu’on peut obtenir d’un tel système – qui est énorme conspiration- c’est de soutirer de l’argent à des gens ordinaires pour le remettre à des gens bien mieux lotis. Ce système est un destructeur massif d’emplois et une source manifeste d’inégalités.

Briser les monopoles

La pandémie a paralysé de nombreuses économies, bien que les réouvertures et l’aide gouvernementale soient généralement à l’origine de la baisse du taux de chômage, qui reste cependant à un niveau encore élevé.

Malheureusement, il reste à craindre que le chômage ne dure très longtemps et que cela renforce la part du capital des grandes entreprises par rapport au PIB des pays.  Les indices montrent déjà que les grandes entreprises technologiques vont continuer à prospérer alors que de nombreuses autres entreprises seront (sont déjà) en faillite.

“Plus d’entreprises monopolistiques” est la recette pour que le PIB soit distribué aux capitalistes et non au peuple qui souffre.

Une  réforme est donc nécessaire pour briser le monopole des grandes entreprises de la haute technologie.

Mais d’autres réformes dans d’autres domaines sont également nécessaires, comme l’amélioration des services de police dans les centres-villes.

A moins que le système n’implose pour rendre  une réforme majeure nécessaire, tous les indicateurs vont dans le sens d’une aggravation des inégalités.

Notis©2020

Par Angus Stewart Deaton

Crédits Images