Les données de l’organisme de santé des Nations Unies ont montré que tous les coins du globe sont confrontés à la pollution de l’air, bien que le problème soit bien pire dans les pays plus pauvres.

“La pollution de l’air nous menace tous, mais les plus pauvres et les plus marginalisés portent le fardeau”, a déclaré le chef de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, dans un communiqué.

L’étude de l’OMS, qui a examiné les niveaux de pollution de l’air extérieur et domestique dangereux pour la santé, révèle que “environ sept millions de personnes meurent chaque année de l’exposition aux particules fines dans l’air pollué”.

Plus de 90% des décès liés à la pollution de l’air surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, principalement en Asie et en Afrique.

“C’est un problème très dramatique auquel nous sommes confrontés”, a déclaré Maria Neira, chef du département de la santé publique et de l’environnement de l’OMS, lors d’une conférence téléphonique.

Les particules les plus dangereuses sont d’un diamètre inférieur à 2,5 micromètres (PM2,5). Les PM2,5 sont composées de toxines -comme le sulfate et le carbone noir- qui représentent les risques les plus graves pour la santé puisqu’elles peuvent pénétrer profondément dans les poumons ou le système cardiovasculaire.

Les maladies graves

Les particules de l’air pollué, en particulier les PM 2.5, peuvent causer des maladies graves, comme les accidents vasculaires cérébraux, les maladies cardiaques, le cancer du poumon et les infections respiratoires telles que la pneumonie, a déclaré l’OMS.

L’agence a ajouté que plus de 40% de la population mondiale n’avait toujours pas accès à des combustibles propres et à des technologies propres dans leurs maisons.

L’utilisation de combustible de cuisine sale, comme le charbon de bois, est une source majeure de pollution de l’air domestique, qui causerait chaque année quelque 3,8 millions de décès prématurés.

“Il est inacceptable que plus de trois milliards de personnes, dont la plupart des femmes et des enfants, respirent chaque jour de la fumée mortelle en utilisant des foyers de feu et des combustibles polluants dans leurs maisons”, a déclaré M. Tedros.

Le rapport de l’OMS indique que l’accès aux carburants propres augmente dans toutes les régions, mais prévient que “les améliorations ne suivent pas la croissance démographique dans de nombreuses parties du monde”, soulignant en particulier l’Afrique subsaharienne.

La pollution de l’air extérieur est quant à elle liée à 4,2 millions de décès par an.

Le rapport fournit des données sur la qualité de l’air provenant de plus de 4 300 villes de 108 pays, constituant ainsi la plus grande base de données sur la pollution atmosphérique ambiante ou extérieure.

La clé de la surveillance

L’OMS a salué le fait que plus de 1 000 autres villes supplémentaires aient été ajoutées à sa base de données. L’organisme de santé mondiale note que le suivi de ces nouvelles informations officiellement chiffrées pourrait inciter à prendre des mesures pour résoudre globalement et efficacement le problème de la pollution de l’air.

Les données montrent que les niveaux les plus élevés de pollution de l’air ambiant se trouvent dans ce que l’OMS appelle la région de la Méditerranée orientale – qui couvre essentiellement le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord – et en Asie du Sud-Est.

Dans ces régions, les polluants atmosphériques se retrouvent souvent à des niveaux plus de cinq fois supérieurs à ce que l’OMS considère comme sûr.

Dans la ville de Gwalior en Inde, par exemple, les niveaux de PM10 et de PM2,5 mesurés en 2012 étaient environ 17 fois plus élevés que ce que recommande l’OMS.

Plusieurs villes du Moyen-Orient comptent des niveaux similaires, y compris Al Jubail en Arabie Saoudite, mais les experts de l’OMS ont noté que les niveaux de particules sont souvent poussés plus haut par le sable dans les villes et villages proches des déserts.

Dans le même temps, le rapport souligne une irrégularité dans les informations reçues, avec un manque criant de données provenant d’Afrique et de certaines parties de la région du Pacifique occidental. En effet, seuls 08 des 47 pays d’Afrique ont fourni des informations sur la qualité de l’air concernant une ou plusieurs de leurs villes. En outre, la base répertorie des données pour seulement neuf villes chinoises.

Notis©2021

Par Sidney Usher