L’objectif ambitieux de limiter le réchauffement climatique à 2,7 ° F (1,5 ° C) semble de moins en moins probable. Les chercheurs de l’Université de Washington, sur la base des émissions cumulées des gaz à effet de serre* sont parvenus à  la conclusion que d’ici 2029, même si toutes les émissions cessent à cette date, la Terre a de fortes chances de surchauffer au-delà de cette limite de 1,5 ° C.

Le Professeur Michelle Dvorak, à la tête de cette équipe de climatologues, a déclaré : « Il était important pour nous d’examiner dans quelle mesure le réchauffement climatique futur peut être évité par nos actions et nos politiques. Ainsi que dans quelle mesure le réchauffement est inévitable en raison des émissions cumulées du passée. Je pense que cela n’a pas été clairement démêlé auparavant, à savoir, combien Celsius  de réchauffement futur se produira simplement sur la base de ce que nous avons déjà émis. »

Le résultat de cette projection indique qu’il y a une probabilité de 42 % que le monde soit déjà engagé dans un réchauffement d’au moins 1,5 °C (2,7 °F) par rapport aux températures préindustrielles, même si les émissions s’arrêtaient immédiatement.

Pis, cette probabilité passe à 66 % si les émissions ne sont pas réduites avant 2029.

Bien qu’il soit pratiquement impossible d’arrêter toutes les émissions générées par l’homme, les chercheurs affirment qu’il s’agit d’un « meilleur scénario » probable.

Des études antérieures se sont concentrées uniquement sur les émissions de carbone et ont trouvé peu ou pas de «réchauffement dans le pipeline» si les émissions cessent.

Cependant, les chercheurs ont trouvé des résultats très différents lorsque d’autres gaz à effet de serre, notamment le méthane, l’oxyde d’azote, le soufre et la suie, ont été pris en compte.

Historique de la température mondiale

Différents gaz peuvent réchauffer ou refroidir la planète, certains ayant une durée de vie plus courte et d’autres persistant dans l’atmosphère beaucoup plus longtemps.

Par exemple, la pollution particulaire réfléchit la lumière du soleil et a un léger effet de refroidissement, bien que ces particules se déposent beaucoup plus rapidement dans l’atmosphère que les gaz piégeant la chaleur.

Cela signifie que l’arrêt simultané de toutes les émissions humaines produirait une augmentation temporaire d’environ 0,2 °C (0,36 °F) pendant environ 10 à 20 ans, selon l’étude.

« Cet article examine le réchauffement temporaire qui ne peut être évité. C’est important si on pense aux composants du système climatique qui réagissent rapidement aux changements de la température, notamment la banquise arctique, les événements  la limite du supportable, tels que les vagues de chaleur ou les inondations», a déclaré Kyle Armour, co-auteur de l’étude.

« Notre étude a révélé que dans tous les cas, nous sommes engagés, en raison des émissions passées, à atteindre des températures maximales environ cinq à 10 ans avant de les connaître. »

Sur la base des résultats, les chercheurs affirment que le «budget carbone» restant est nettement inférieur aux estimations précédentes.

«Nos découvertes rendent d’autant plus urgente la nécessité de réduire rapidement les émissions», a conclu Mme Dvorak.

Ce n’est pas la première fois que des chercheurs soulignent l’importance d’étendre les polluants au-delà du CO2. L’équipe dirigée par Mme Dvorak confirme que les stratégies visant à éviter un changement climatique catastrophique devraient également se concentrer sur la réduction d’autres polluants «largement négligés», notamment le méthane, l’hexafluorure de soufre et l’oxyde nitreux.

« S’attaquer à la fois au dioxyde de carbone et aux polluants à courte durée de vie offre le meilleur et le seul espoir pour l’humanité d’atteindre 2050 sans déclencher un changement climatique irréversible et potentiellement catastrophique ».

« Réduire les émissions de dioxyde de carbone ne suffit pas ! Nous devons également réduire les autres polluants qui réchauffent la planète », a-t-elle conclu.

Notis©2022

Par Sidney Usher

* Les gaz à effet contenus dans « le panier de gaz » sont répertoriés à l’annexe A du protocole de Kyoto (Un accord international adopté en décembre 1997 à Kyoto, au Japon): le dioxyde de carbone (CO2) ; le méthane (CH4) ; l’oxyde nitreux (N2O) ; les hydrofluorocarbures (HFC) ; les perfluorocarbures (PFC) ; et l’hexafluorure de soufre (SF6).