Emmanuel Macron, juste après sa victoire aux élections de 2017, marchant, seul et éclairé, dans les ténèbres de la cour du Louvre, l’ancien palais royal. L’image est pleine de symboles et d’histoire. En revêtant le costume de « Nouveau Roi de France », le plus jeune Président de la France avait peut-être oublié la charge ou la poisse de cette fonction. En effet, depuis que la population parisienne prit d’assaut la forteresse de la Bastille le 14 juillet 1789, le pays se débarrassa de trois rois, de deux empereurs et de plusieurs présidents. La France s’est construite en construisant son histoire, souvent dans la violence, à travers 15 constitutions.

Le rituel

Chaque fois qu’un soulèvement majeur a eu lieu en France, tout le monde, à commencé par les gouvernants, a été pris de cours. Le dernier roi a dut s’évader précipitamment de Paris nuitamment; t rejoignant, en taxi l’Angleterre avec un ferry sous la Manche, déguisé en vulgaire citoyen Anglais. Depuis 1815, plusieurs monarque et président de la république française, se sont  exilés en Grande-Bretagne. C’est dire la relation très spéciale tissée depuis des millénaires entre ces deux grandes nations.

La Cinquième République française est un système de gouvernement assez éloigné du peuple. Le pouvoir est concentré à l’Elysée (Paris) et le parlement également, établi également à Paris, est une chambre pratiquement vide. C’est pourquoi le peuple Français – travailleurs, agriculteurs, étudiants, immigrants, retraités – estiment que le seul moyen de se faire entendre est de prendre la rue et causer le chaos. Ce système de gouvernement encore en cours est comme une  monarchie tempérée par l’émeute, pourrait-on dire. Et les Présidents toujours déconnectés de la réalité du peuple ne le voient jamais venir. C’est devenu presqu’un rituel.

Aujourd’hui, encore une fois, les dirigeants français ont été pris au dépourvu et ils ne peuvent que faire appel aux escouades anti-émeute et prendre des « mesurettes » pour acheter les consciences, en attendant que l’orage finisse par passer.

La colère générale

Ce qui a commencé comme une protestation contre les taxes sur les carburants est devenu un mouvement général de frustration et de colère. Cette colère que les gens ressentent date de plusieurs décennies contre les injustices et les inégalités qui découlent, notamment, du grand crash de 2007-08.

Le peuple français fulmine contre le fait que les riches et l’élite ne semblent jamais souffrir, alors que (comme le disent les Français), « ce sont toujours les mêmes qui Payent ».

L’économie française est dans une sous-performance depuis des années. Les investisseurs vont voir  ailleurs. Le chômage, en particulier chez les jeunes, reste élevé.

Mais le problème de la France est aussi un problème européen, pour l’Europe qui a des repercution mondiales.

La «crise des « gilets jaunes » est un problème européen car il s’agit de la variante française d’un fossé qui se creuse de plus en plus entre gouvernants et gouvernés que nous voyons à travers le continent et ailleurs.

Depuis au moins une génération, les gens supportent des salaires misérables, un chômage galopant, des inégalités croissantes et une immigration massive. Le pouvoir a été retiré aux gouvernements nationaux démocratiques, souvent avec leur consentement, et confié à des organismes distants et incompétents – organisations commerciales, tribunaux internationaux et, surtout, à l’UE.

Être président de la Ve République – la chose la plus proche d’un monarque élu – est un travail difficile, voire impossible. D’un côté, les Français veulent que leur président incarne la grandeur de la France. D’un autre coté, ils veulent aussi que le président les écoute, fasse au moins semblant parfois d’être un homme du peuple qui ressent sa douleur et l’exprime. De tous les Présidents de la cinquième République Française, le président Jacques Chirac et, dans une moindre mesure, François Mitterrand,  a parfois réussi à incarné cette ambivalence. Avec tous ses défauts, Jaques Chirac était aimé. Cela ne semble pas le cas avec le style fastidieux de Monsieur Macron.

L’handicap de Macron

Lorsqu’il a été élu pour la première fois, Emmanuel Macron a dit qu’il voulait être comme le dieu Jupiter, haut dans les nuages. Il a été brusquement ramené sur terre. Le Président Français pense qu’il est un autre monarque, car pendant toute sa vie il a été l’homme le plus habile de la communauté. Aujourd’hui, son intelligence s’est révélée insuffisante. Peut-être même un handicap.

Il a des dons politiques remarquables. Il est déterminé et charismatique. Mais il ne souffre et ne semble pas vivre ce qu’il dit. Il dit se qu’il pense de façon maladroite. Le général de Gaulle pensait lui aussi que les électeurs français sont stupides, mais il le garda pour lui. Le Président Macron, lui, le montre parfois et les gens ont de plus en plus de rancœur envers un homme qui semble distant et dédaigneux.

Cependant, le 25ème président de la République survivra sûrement à cette crise dite « des gilets jaunes ». En effet, il n’y a pratiquement aucun moyen constitutionnel ou judiciaire de révoquer un président français. De plus, avec la mobilisation de près de 100 000 policiers et gendarmes, avec des véhicules blindés en réserve, il n’y aura pas de révolution en France. Le temps de la révolution et est révolu, pourrait-on dire.

Les émeutes vont se calmer. L’homme a de la ressource. Il remontera certainement dans les sondages. Son idée de « grand débat » semble l’avoir déjà remis en selle, pardon sur le trône. Mais à quel prix ! Il ne pourra pas récupérer la position qu’il occupait auparavant. Ses chances de changer réellement la France et de rajeunir l’économie ont disparu. Son ambition européenne a également pris un coup.

L’Europe en lambeau

Le candidat, puis Président Macron s’est présenté comme le sauveur du projet européen qui, selon lui, risque de s’effondrer s’il ne le mène pas à la prochaine étape de l’intégration – ce qu’il appelle une « Europe souveraine », chargée en dernier ressort des finances, de la fiscalité, du bien-être social, droit du travail et immigration.

Ses efforts pour réformer l’économie française et réduire les dépenses sont motivés par la détermination de réduire les emprunts publics français en deçà de l’objectif de 03% fixé par l’UE. Ce n’est qu’ainsi que Monsieur Marcon pourrait prétendre au leadership européen, au moins à l’égal de l’Allemagne. Cela aussi semble maintenant une chimère.

Où iront la France et l’UE? L’avenir est imprévisible et il n’est pas très prometteur. Quand les gens sentent qu’ils ne sont plus entendus par les élites, la protestation devient plus vive. Nous le voyons sous diverses formes, de l’Espagne à la Hongrie. En France, cela conduit à incendier des voitures et à piller des magasins. En Grande-Bretagne, cela mène au Brexit.

Avec ces manifestations de rue, la France nous a encore une fois présenté un spectacle dramatique de ce qui peut arriver lorsqu’un système politique implose.

Notis©2019

Par Sidney Usher