En ce qui concerne les accidents de travail, aucune statistique ne tend à prouver qu’ils sont plus nombreux la nuit. Mais par expérience, les médecins du travail constatent que les accidents de travail nocturnes ont souvent des conséquences plus graves que les autres. C’est notamment dû au fait que le travailleur est plus isolé en cas d’incident.
C’est également au cœur de la nuit, lorsque le travailleur est le plus fatigué, qu’il est le plus sensible aux maladies chroniques. En effet, les travailleurs qui ont des problèmes de santé chroniques (asthme, spasmophilie, hypoglycémie, etc.) vont les développer plus fréquemment au beau milieu de la nuit, entre 2 et 5 heures.
Sécheresse sociale
L’un des problèmes les plus fréquemment formulés par les travailleurs postés (organisé en équipes successives et impliquant régulièrement des horaires de nuit) est le décalage familial et social qu’ils subissent.
Celui qui travaille la nuit et dort le jour éprouve des difficultés à trouver du temps pour son conjoint, sa famille et ses amis. Une enquête réalisée dans l’industrie sidérurgique britannique indique que 40% des travailleurs postés se plaignent de ne pas avoir suffisamment de temps à passer avec leur épouse. Aux Etats-Unis, une autre étude a montré que le travail posté contribue à augmenter les risques de divorce de 7% à 11%. Les heures passées en famille sont moins nombreuses et, souvent, de moindre qualité en raison de l’irritabilité accrue de beaucoup de travailleurs de nuit.
Viennent ensuite les obstacles rencontrés concernant la vie sexuelle. Un ouvrier sidérurgiste britannique sur deux travaillant en en équipes de huit heures (02h à 10h, 10h à 18h et 18h à 02h) décrit les périodes d’équipe de nuit comme «asexuées»!
Le travail de nuit en alternance entrave aussi les activités de type collectif, qu’il s’agisse de sport, d’accès à la culture, d’action politique, syndicale, etc. Le travailleur posté ne peut s’y adonner de façon régulière. De ce fait, on constate que les travailleurs de nuit ont souvent moins d’amis. Certains vivent très mal cette situation, ils se sentent exclus de la société et demandent à retrouver un emploi diurne, quitte à perdre certains avantages financiers.
D’autres, de tempérament plus solitaire, consacrent leur temps libre à des loisirs individuels, plus faciles à organiser: jardinage, bricolage, vélo, etc.