La réaction ou l’absence de réaction neurovégétative provoque une réponse hormonale accrue, ce qui entraîne des répercussions pour ce qui est de la pression sanguine, du rythme cardiaque, des processus thrombotiques et du métabolisme des lipides et du glucose. Il est toutefois difficile d’isoler le travail de nuit comme facteur de risque pour les maladies cardiovasculaires, d’autant que l’activité nocturne amène souvent à cumuler d’autres risques, comme un plus haut degré de tabagisme, les troubles du sommeil ou les problèmes psychologiques. Ceux-ci semblent plus fréquents chez les travailleurs de nuit et peuvent être liés en partie à la perte du sommeil et à la fatigue chronique.

Nervosité, anxiété, asthénie, dépression, agressivité sont aussi plus courants chez les travailleurs de nuit permanents que chez ceux en horaires alternants. Le manque de sommeil réparateur tend par ailleurs à accroître les effets de l’âge.

Selon un médecin du travail spécialisé dans le travail de nuit, le travail de nuit est synonyme de « vieillissement prématuré à tous les niveaux ». En effet, les personnes qui ont travaillé pendant plus de 20 ans la nuit affichent un vieillissement plus rapide de 5 à 7 ans en moyenne. Cela se remarque à l’œil nu, notamment sur la peau.
Sécurité sociale indifférente
Etant donné les problèmes de santé que peut engendrer plus fréquemment le travail de nuit, on pourrait penser que les salariés employés la nuit seraient plus souvent en congé de maladie que leurs collègues de jour. En pratique, ce n’est pas le cas: on ne constate pas de différence quant à la fréquence des maladies entre travailleurs de nuit et de jour. Cela pourrait être dû à une plus grande solidarité entre le personnel de nuit, ou au fait que le travailleur de nuit considère ses symptômes comme «inhérents» à son activité là où son collègue de jour appellera plus vite un médecin.