En moyenne, on estime qu’un travailleur de nuit dort entre une et deux heures en moins par rapport à un travailleur diurne. Sa fatigue est encore accentuée par le fait que travailler lorsque l’organisme est en période de désactivation demande plus d’efforts qu’une même activité en journée.
Alimentation inadaptée
Après les problèmes de sommeil, les troubles gastro-intestinaux sont les symptômes les plus fréquemment décrits par les travailleurs postés: troubles de l’appétit, constipation, brûlures d’estomac, diarrhée, douleurs abdominales, borborygmes (gargouillements), etc. A plus long terme, de nombreux travailleurs postés sont susceptibles de souffrir de maladies graves, telles que gastrites chroniques, gastro-duodénites, colites et ulcères gastro-duodénaux. Selon différentes estimations, ces derniers seraient de deux à huit fois plus fréquents chez les travailleurs de nuit que chez leurs collègues employés la journée.
Il y a une explication à tous ces maux: le repas de nuit, absorbé à un moment de désactivation nocturne des secrétions gastriques, est souvent pris froid, en triple vitesse et sans appétit. Cette absence d’appétit incite le travailleur à l’accompagner d’épices et d’excitants comme le café ou l’alcool, agressifs pour la muqueuse gastrique non protégée. Comme les cantines ne sont généralement pas ouvertes la nuit, il vaudrait mieux que le travailleur s’arrange pour prendre ses deux principaux repas à la maison.
Le stress lié au travail de nuit ou posté peut aussi avoir des conséquences néfastes sur le système cardiovasculaire, comme l’ont montré plusieurs études épidémiologiques ces dernières années.