Après trois ans d’audit, les commissaires aux comptes du Vatican ont découvert près de 5000 comptes bancaires «suspects». Le contrôle des pièces comptables et de l’activité financière a mis en lumière des caisses noires secrètes utilisées pour d’éventuels délits d’initié et évasion fiscale. Les vérificateurs –par mesure conservatoire- ont fermé environ 5.000 comptes bancaires ouverts au nom du Vatican manifestement destinés à couvrir des activités illégales.

La spirale

L’audit des comptes a été déclenché après que l’Institut des œuvres religieuses (IOR) ait effectué 544 transactions suspectes, suscitant des préoccupations d’évasion fiscale. L’IOR avait déjà été pris dans la spirale de scandale des comptes prétendument en liaison avec la mafia, en particulier au cours des années 1980, avant que le Vatican ne resserre ses règlements financiers.

«Nous avons adopté une ligne très stricte envers tous les comptes qui ne respectaient pas la loi (la législation du Vatican) et entamé des procédures de fermeture de comptes bancaires », avait déclaré le porte-parole du saint siège l’ors d’une conférence de presse. Au total ce sont 4935 qui ont été exactement fermés.

Ce scandale financier avait précipité la retraite du Pape Benoît XVI qui avait juré de mettre les institutions financières du Vatican en conformité avec les normes internationales. Ce, dans le but de réduire le risque des comptes utilisés à des fins malveillantes.

L’impunité

Le scandale de l’Institut des œuvres religieuses a frappé le monde entier en plein visage après la mort du banquier Roberto Calvi, dont le cadavre a été découvert pendu sous le pont Blackfriars à Londres. Puis,  le pape Benoit XVI a décidé de la création de la FIA, un centre de contrôle des finances intégré du Vatican, qui a aussi tôt commissionné le cabinet Moneyval, afin de réaliser un audit externe. Moneyval est un organisme européen qui lutte contre le blanchiment d’argent sale et le financement du terrorisme.

Dans un rapport préliminaire paru en décembre 2015, Moneyval a rapporté que le Vatican avait abordé la plupart de ses faiblesses structurelles. Mais les experts ont aussi posé la question essentielle qui est la suivante : pourquoi aucune inculpation ni poursuites n’a été engagé, suite des preuves d’actes manifestement répréhensibles réunies et transmises aux procureurs ?

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