Pourquoi la plupart des gens sont-ils conscients que le changement climatique est une menace majeure et pourtant, lorsqu’on leur demande de nommer les plus grands dangers qui guette la civilisation, semblent toujours incapables de le rappeler?

L‘ennemi invisible

La raison principale est que notre sens inné de la concurrence sociale nous a rendus extrêmement attentifs à toutes les menaces représentées par l’ennemi invisible. Mêmes un enfant de bas âge peut faire la différence entre un accident et une attaque délibérée. Mais quand il s’agit du changement climatique, la logique se brouille et la formule fondamentale de la morale n’a plus de sens: c’est un crime parfait et indétectable auquel tout le monde contribue mais pour lequel personne n’a de motif.

Nul n’est à blâmer. Après tout, nous ne faisons que vivre nos vies: conduire les enfants à l’école, aller au travail, nettoyer la maison, manger, aller au lit… Ce n’est qu’une fois que nous acceptons la menace du changement climatique que la routine se grippe. C’est alors que nous rejetons facilement les connaissances acquises ou réagissons avec colère et ressentiment.

Pire encore, le changement climatique semble contenir une bouffée royale d’autres qualités avec lesquelles il est notoirement difficile à notre cerveau de s’engager: il nécessite des sacrifices personnels immédiats pour éviter des pertes collectives incertaines dans le futur.

Le psychologue cognitif Daniel Kahneman, qui a remporté un prix Nobel pour ses études sur la façon dont nous réagissons de manière irrationnelle à de tels problèmes, est profondément pessimiste quant aux chance de survie de la planète : «Désolé», a-t-il dit, “je suis profondément pessimiste. Je ne vois aucun chemin vers l’espoir.

Le changement climatique peut sembler incertain, incroyablement coûteux et situé dans un avenir lointain. Cependant, de nombreux économistes, comme Nicholas Stern et Hank Paulson, l’ancien secrétaire au Trésor de George W. Bush, voient les choses différemment. Il en va de même pour des milliers de manifestants prennent régulièrement les rues en criant avec une profonde conviction que le changement climatique est réel, se produit actuellement et est entièrement palpable.

Pour les activistes du positivisme climatique, le véritable obstacle est l’industrie pétrolière, gazière et ses tentacules d’influence politique.

Le changement climatique peut être tout ce que vous voulez. Cela peut être ici ou là-bas, dans le présent ou dans le futur, certain et incertain.

Le drame

Il semble que nous considérions le changement climatique comme une menace – et que nous ne soyons donc en mesure d’exploiter cette réaction innée contre un ennemi invisible et extérieur – dès l’instant où il est coulé dans le moule de nos histoires familières, avec leurs héros et leurs méchants.

Les défenseurs de l’action écologique créent le récit de l’ennemi invisible et extérieur, impliquant des “dramatis personae” de nos luttes du passé, avec la complicité des politiciens corrompus, des dirigeants d’entreprise frondeurs et fraudeurs, des banquiers véreux, des journalistes paresseux, des avocats délinquants et un public apathique.

cependant, les conservateurs, eux, dans un langage prévisible et brutal, soutiennent que les écologistes libéraux sont “le véritable ennemi” et qu’ils ont inventé cette arnaque autour du réchauffement climatique pour étendre leur contrôle sur le gouvernemental. Comme la plupart des conservateurs, ils n’ont pas compris que c’est le changement climatique lui-même qui menace leurs valeur, liberté et biens.

Cette tendance à confondre les faits du changement climatique avec les récits construits à partir de l’invisible est aussi courant chez les hommes politiques.