L’augmentation des températures et des niveaux d’humidité ralentirait la propagation du coronavirus dans le monde, selon quatre groupes de recherche indépendants établis  aux États-Unis, en Australie et en Chine.

Cependant, les chercheurs qui ont analysé les effets de la température et l’humidité sur la pandémie causée par le covid-19, ont précisé que le changement climatique ne peut pas arrêter la maladie à lui seul.

Le cas chinois

Depuis l’émergence de COVID-19 en décembre 2019, le virus s’est propagé comme une traînée de poudre infectant plus 500 000 personnes dans le monde par temps froid.

En Chine, l’épidémie a atteint son apogée en février 2020 avec plus de 15 000 cas diagnostiqués en une seule journée.

Mais avec l’arrivée du printemps là-bas, et avec le départ de l’hiver il a été noté une chute précipitée de cas en Chine. Alors que le temps devenait plus chaud et plus humide dans 100 villes chinoises, des chercheurs de l’Université Beihang et de l’Université Tsinghua ont découvert que le taux de transmission du COVID-19 avait chuté : «Une température élevée et une humidité relativement élevée réduisent considérablement la transmission de COVID-1 », ont écrit les auteurs de l’étude.

Cette chute de cas de contamination est arrivée juste avant le premier jour du printemps (qui était le samedi 21 mars), mais a également suivi des mesures draconiennes qui ont enfermé des dizaines de millions de personnes à Wuhan et dans d’autres villes chinoises.

« Au début des épidémies, les pays où la température de l’air et l’humidité étaient relativement plus faibles (par exemple la Corée, le Japon et l’Iran) ont connu des épidémies graves que les pays plus chauds et plus humides (par exemple Singapour, la Malaisie et la Thaïlande) », ont écrit les auteurs de l’étude.

Reste qu’analyser le rôle des conditions météorologiques dans la lutte apparemment réussie de la Chine contre le COVID-19 à partir d’autres facteurs est plus difficile que de simplement regarder les nombres de cas et les températures.

La méthodologie

Les chercheurs des universités Beihang et Singhua ont évalué les données de plus de 100 villes en Chine où il y avait 40 cas ou plus de coronavirus entre le 21 janvier 2020 et le 23 janvier 2020.

Ils ont suivi le nombre estimé de transmissions, de températures et d’humidités dans ces villes avant le 24 janvier 2020, lorsque les fermetures ont été mises en place et les célébrations du Nouvel An lunaire ont été annulées.

En utilisant le coefficient R, un nombre qui mesure le nombre moyen de personnes infectées par un coronavirus, l’équipe a suivi les taux de transmission.

Ils ont ajusté ces chiffres pour tenir compte des facteurs qui pourraient autrement influencer le taux de transmission, comme la densité de population ou la richesse de chaque ville.

Après cela, ils ont estimé le nombre moyen de personnes que chaque personne atteinte du virus transmettrait.

Des experts du monde entier ont tenté d’estimer le R0, ou la propagation de la maladie.

Il semble osciller entre 2 et 2,5, ce qui signifie que chaque personne infectée transmet un coronavirus à deux ou deux personnes et demie.

Mais cette valeur diminue à mesure que les températures et l’humidité augmentent, selon les auteurs de l’étude chinoise.

Selon l’équation des chercheurs chinois, si la température augmente en Europe ou aux Etats-Unis d’Amérique de 15 degrés Celsius, ou 27 degrés Fahrenheit, une personne infectée propagerait le coronavirus à environ 0,6 personne de moins. Couplé à une distanciation sociale, cela pourrait contribuer grandement à réduire la propagation du virus, mais ce n’est pas un arrêt complet, comme le suggèrent certaines études soutenant que le virus ne peut pas survivre à 86 degrés F, soit 30 degrés C.

Les incertitudes

Les scientifiques ne savent pas vraiment pourquoi tant de virus – y compris la grande famille de coronavirus à laquelle appartient COVID-19 – s’en sortent mieux à des températures plus froides dans l’environnement.

Mais nous savons que le système immunitaire humain est « déprimé » pendant l’hiver. Un air plus froid et plus sec assèche les muqueuses de notre nez qui agissent comme une première ligne de défense, et les virus respiratoires pénètrent généralement par le passage nasal.

Certaines cellules immunitaires, appelées phagocytes, semblent également moins actives dans le corps à des températures plus froides, ce qui signifie qu’elles sont moins susceptibles de détecter et de tuer les virus.

Un été long et chaud

Les particules virales propagées dans l’eau s’évaporeraient rapidement par temps ensoleillé. Un long et chaud été pourrait donc aider à freiner la propagation de Covid-19.

Selon le professeur Keith Neal, épidémiologiste de renom international de l’Université de Nottingham : “Les virus n’aiment pas se dessécher car cela perturbe ” l’enveloppe “grasse qui entoure leur coquille protéique”.

Il a ajouté qu’une très forte lumière ultraviolette dégradait également le virus, même s’il n’est pas clair si la lumière du soleil d’été soit suffisamment intense pour produire un tel effet.

Cependant, la brise peut aider à disperser le virus. Cela est important car le nombre de particules auxquelles une personne est exposée – appelée la charge virale – est crucial. En effet, avec la canicule la  plupart des systèmes immunitaires de la population font face à quelques dizaines de particules virales, mais seront submergés lorsqu’ils seront exposés à des centaines ou des milliers d’entre eux.

Une autre raison pour laquelle l’été en Europe peut aider à freiner le virus est que les gens ont tendance à appliquer la distanciation sociale lorsqu’ils sont à l’extérieur. Cette distanciation sociale intrinsèque fait que « dehors, si vous êtes à moins d’un mètre de moi, alors vous envahissez mon espace personnel.”

Toutefois, le Professeur a averti: «Un été chaud ne sera pas bon pour le virus, mais combien de dégâts il fera, nous ne le savons pas. Ce qui est sûr c’est qu’on ne s’en débarrassera pas complètement. »

Notis©2020

Par Mary Maz

Sources:

*Will Coronavirus Pandemic Diminish by Summer?

*High Temperature and High Humidity Reduce the Transmission of COVID-19