La population mondiale devrait atteindre huit milliards d’ici le 15 novembre 2022, selon un rapport des Nations Unies.

Publiée à l’occasion de Journée mondiale de la population, célébrée tous le 11 juillet, l’étude a révélé que consécutivement au ralentissement du rythme de la mortalité, la population mondiale atteindrait huit milliards, plus précisément 8,5 milliards, d’ici 2030 et 10,4 milliards d’ici 2100.

La croissance démographique augmente à son rythme le plus lent depuis 1950, étant tombée en dessous de 1 % en 2020, selon les estimations de l’ONU.

En 2023, l’Inde serait devant la Chine populaire, en tant que pays le plus peuplé du monde, chacun comptant plus de 1,4 milliard d’habitants en 2022. Cela étant, l’ONU a averti qu’une fécondité élevée mettrait en péril la croissance économique.

La population de l’Inde était de 1,21 milliard d’habitants en 2011, selon le recensement national, qui est effectué une fois par décennie. Le gouvernement avait reporté le recensement de 2021 en raison de la pandémie de Covid-19.

Baisse de la fécondité

En 2021, la fécondité moyenne de la population mondiale s’élevait à 2,3 naissances par femme. La fécondité mondiale devrait encore baisser pour atteindre 2,1 naissances par femme d’ici 2050. En 1950 elle était d’environ 5 naissances par femme en 1950.

La publication de ce rapport sur la démographie mondiale « est l’occasion de célébrer notre diversité, de reconnaître notre humanité commune et de nous émerveiller devant les progrès de la santé qui ont prolongé la durée de vie et réduit considérablement les taux de mortalité maternelle et infantile », a déclaré le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, dans un communiqué.

« Mais une population croissante est un rappel d’une responsabilité partagée de prendre soin de la planète et de réfléchir sur les points sur lesquels nous ne respectons toujours pas nos engagements les uns envers les autres », a-t-il ajouté.

Se référant à un rapport antérieur de l’Organisation mondiale de la santé qui estimait environ 14,9 millions de décès liés à la pandémie de Covid-19 entre janvier 2020 et décembre 2021, le rapport de l’ONU a déclaré que l’espérance de vie mondiale à la naissance est tombée à 71 ans en 2021 contre 72,8 ans en 2019, principalement à cause d’une pandémie en passe de devenir endémique.

Les Nations Unies ont déclaré que plus de la moitié de l’augmentation prévue de la population mondiale jusqu’en 2050 sera concentrée dans huit pays – le Congo, l’Égypte, l’Éthiopie, l’Inde, le Nigéria, le Pakistan, les Philippines et la République-Unie de Tanzanie.

Les pays d’Afrique subsaharienne devraient contribuer à plus de la moitié de l’augmentation prévue jusqu’en 2050.

Cependant, la population de 61 pays devrait diminuer de 1 % ou plus entre 2022 et 2050, sous l’effet d’une baisse de la fécondité.

Disparités Régionales

Parmi les autres conclusions clés du rapport, mentionnons qu’il a fallu environ 12 ans pour que la population passe de sept à huit milliards, soit à peu près le même temps que de six à sept milliards.

Le prochain milliard devrait prendre environ 14,5 ans, d’ici 2037.

La moitié du huitième milliard ajouté à la population mondiale était le résultat de l’expansion démographique de l’Asie. L’Afrique a apporté la deuxième plus grande contribution avec près de 400 millions).

Dix pays ont contribué à plus de la moitié de la croissance démographique, passant du septième au huitième milliard. L’Inde a été de loin le plus gros contributeur, suivie de la Chine et du Nigeria. L’Afrique et l’Asie seront les moteurs de la croissance démographique jusqu’à ce que le 9e milliard soit atteint en 2037.

Aujourd’hui, les deux tiers de la population mondiale vivent dans un pays ou une région où la fécondité à vie est inférieure à 2,1 naissances par femme (également connue sous le nom de fécondité de remplacement).

L’espérance de vie mondiale à la naissance a atteint 72,8 ans en 2019, soit une amélioration de près de neuf ans depuis 1990.

Mais en 2021, l’espérance de vie des pays les moins avancés accusait un retard de sept ans par rapport à la moyenne mondiale. Dans de nombreux pays en développement, la part de la population en âge de travailler (entre 25 et 64 ans) a augmenté.

Décadence Européenne

L’Union Européenne, sous le choc de plus de deux millions de décès dus au coronavirus, a accentué la courbe descendante de sa population. Selon Eurostat, la population des 27 pays qui composent le bloc régional a diminué de près de 172 000 par rapport à l’année précédente et de plus de 656 000 par rapport à janvier 2020.

« En 2020 et 2021, la migration nette positive n’a pas réussi à compenser le changement démographique naturellement négatif. Par conséquent, la population totale de l’UE a diminué », a-t-il déclaré, soulignant les impacts de la pandémie.

Le nombre de décès a commencé à dépasser les naissances dans l’UE il y a dix ans, mais l’immigration de l’extérieur du bloc a contribué à compenser l’écart jusqu’à la première année de la pandémie.

La dernière fois que l’UE avait enregistré une baisse de sa population, c’était en 2011 – la seule autre fois depuis 1960 – mais celle-ci s’est rapidement accélérée en raison du solde migratoire.

Eurostat a déclaré que les décès devraient continuer à dépasser les naissances dans les années à venir compte tenu de la pandémie, du vieillissement de la population et des taux de fécondité relativement faibles.

« Si tel devait être le cas, le déclin ou la croissance démographique globale de l’UE à l’avenir dépendra probablement largement de la contribution apportée par la migration nette », indique le rapport.

Plus de la moitié des États membres de l’UE ont vu leur population augmenter, la France en tête, puis les Pays-Bas et la Suède. L’Italie, la Pologne et la Roumanie ont enregistré les baisses de population les plus importantes de l’UE.

Eurostat a comptabilisé 446,8 millions de personnes vivant dans l’UE en janvier 2022.

Notis©2022

Par Mary Maz