L’argent, principal support des échanges économiques, est généralement associé au symbole de la réussite sociale. Mais, l’argent est également source de nombreuses appréhensions: le rejet, la déception, la trahison, la perte de soi et de tout…

Cette peur diffuse et foncière suscite des mécanismes de défense consistant à se cacher, fuir, refuser de « vivre » pour éviter le « toujours plus » et tous les autres vices attachés à l’argent. Este-ce raisonnable?

Le mépris

De nombreuses études montrent que les qualités de compassion et de partage sont moins développées chez les personnes « aisées ». Par ailleurs, une étude publiée dans la revue Psychological Science révèle que les individus au statut économique inférieur lisent mieux les expressions faciales et ont une sensibilité plus aiguisée que ceux qui jouissent de revenus plus élevés.

La vulnérabilité et l’instabilité susciteraient en réalité un sentiment de solidarité et d’empathie mutuelle tandis que l’aisance et l’abondance causeraient un sentiment indu de supériorité, d’égoïsme et de repli sur soi-même (« chacun pour soi! »).

La dérive morale

Ce sentiment indu de supériorité se reflète notamment dans une étude menée par l’université de Berkeley, qui établit qu’à San Francisco -où la loi oblige les voitures à céder la priorité aux piétons- les propriétaires de voitures de luxe s’arrêtent quatre fois moins souvent que les autres pour laisser traverser les piétons.

Une étude publiée par les universités de Harvard et d’Utah révèle également que les personnes exposées à des mots relatifs à l’argent sont plus susceptibles de mentir ou de se comporter de façon immorale.