Après avoir appelé à des élections anticipées pour augmenter sa majorité parlementaire et se donner un mandat confortable dans la négociation du Brexit (sortie de l’UE), Theresa May, a précipité son parti d’obédience dans la tourmente.  Après 18 ans de majorité absolue à la chambre des représentants de la Grande Bretagne, le parti conservateur n’est plus maître de son destin.
Malgré cette déconvenue personnelle, Madame May s accroche au pouvoir, en tant que leader du parti. Dans un bref des déclarations à l’extérieur du 10 Downing Street, May a dit simplement qu’elle formerait un gouvernement minoritaire avec le Parti unioniste démocratique d’Irlande du Nord et s’est engagée à continuer la gestion du Brexit, à garder le pays en sécurité et à le «réunifier».

Dans les couloirs du siège du parti conservateur britannique, cependant, les couteaux sont déjà aiguisés.

La spéculation
Dès lors, une question s’impose : « Pendant combien de temps Theresa May va-t-elle tenir en tant que premier ministre? ». La question est d’autant plus d’actualité que la dernière fois qu’un Premier ministre britannique a été humilié lors d’un vote, il a démissionné le lendemain: David Cameron le 24 juin 2016.
Certes, Theresa May n’a perdu que les élections générales, le 8 juin 2017, alors que Cameron a perdu l’adhésion du peuple à une question associée à son maintien au pouvoir. Mais elle a été certainement aussi bien humiliée que son prédécesseur.
Un journaliste « Buzzosphère » britannique a tweeté que Boris Johnson, le ministre des Affaires étrangères, cherchait déjà des avis sur une offre de leadership, à des conservateurs visiblement embarrassés.

Dès le lendemain de la défaite, vendredi matin, les prédictions sur la disparition politique de May ont donc commencé à circuler.
« Nous allons tomber avec elle ; c’est une question de semaines », a déclaré un haut responsable du parti sur les chaines  de Sky News. « Elle ne peut pas continuer [à plus long terme] parce que sa crédibilité est atteinte, pas seulement à ici mais aussi à l’étranger … elle ne peut pas continuer avec un gouvernement minoritaire, elle ne peut pas conduire les négociations du Brexit », a-t-il ajouté. Sous le couvert de l’anonymat, un ministre a prévu une autre élection générale en octobre 2017.
Ajoutant à la spéculation, Boris Johnson a refusé à plusieurs reprises, dans la même matinée, de soutenir Madame May, car les bookmakers l’ont nommé comme le favori pour être le prochain Premier ministre.

Le pragmatisme
Mais les législateurs conservateurs, réunis dans les heures qui ont suivi le vote, n’ont manifesté aucun appétit pour supprimer May, malgré les pertes sèches de sièges du parti au parlement.
« Elle est en sécurité pendant un avenir prévisible, les gens veulent qu’elle démarre Brexit », a déclaré un membre du gouvernement. « Si elle peut durer jusqu’à la prochaine élection générale [en 2022] ? Mon sentiment est non – elle va sauver les meuble mais pas les prochaines élections ».

D’autres élus conservateurs pensent qu’elle pourrait, cependant, s’accrocher au poste de premier ministre jusqu’à la fin des négociations de Brexit, en 2019. « Elle pourrait même partir quand les négociations avec l’Union Européenne seront terminées et dire« J’ai défendu ma nation, c’est mon héritage ».
Un autre ministre a essayé de positiver la débâcle électorale, affirmant : « Elle a obtenu 42% du vote, mais est en tête. Le pragmatisme veut qu’elle garde la main. Elle a obtenu cette part du vote et a gagné, alors laissez-la former un nouveau gouvernement ».
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