Dans le monde entier des travailleurs restent tard au travail pour terminer des tâches urgentes ou pour respecter les délais de livraison d’une importante commande. Le plus souvent ces heures de travail sont qualifiées de « rattrapages » et donc non rémunérées, en violation du code du travail.

Dans certaines organisations, on s’attend à ce que tout le monde travaille au-delà de la durée légale ou contractuelle.

Cette obsession des heures supplémentaire conduit à une culture où les personnes qui partent à l’heure sont mal vues, considérées comme des « fainéants » déloyaux, n’ayant aucune conscience professionnelle. Même si cette attitude n’est pas généralisée, il se peut qu’une minorité (un ou deux personnes carriéristes) tienne à rester plus tard que tout le monde pour mettre sur la place publique -aux yeux du patron- leur dévouement au travail.

Les heures supplémentaires non rémunérées n’ont aucune incidence sur la santé du travailleur, lorsqu’elles sont exceptionnelles. Mais, lorsque l’exceptionnel devient la norme, le présentéisme, comme on l’appelle, peut parfois nuire à la productivité et au bien-être des travailleurs.

Classement mondial

Un projet de recherche mondial mené par le groupe de services d’assurance Maxis GBN a révélé que les travailleurs émiriens passent plus de temps au travail en dehors des heures normales que dans le monde entier. Chaque mois, un travailleur des EAU effectue en moyenne 24 heures de plus au travail et 71% d’entre eux ont le sentiment que leur lieu de travail souffre du présentéisme.

Les États-Unis et Hong Kong viennent en deuxième position, à égalité, avec 23,2 heures de travail supplémentaires par mois.

Les travailleurs français, malgré leur célèbre système de protections sociales, ne sont pas loin avec 22,4 heures supplémentaires par mois.

Karoshi

Le défi pour les organisations ayant une culture très marquée par le présentéisme est l’impact que cela peut avoir sur le bien-être des employés. Comme il a été largement rapporté, le problème des longues heures de travail au Japon a conduit à une épidémie de privation de sommeil entraînant, dans les cas les plus extrêmes, la mort.

Bien que travailler une heure de plus chaque jour ne risque pas d’entraîner une karoshi, les effets cumulatifs peuvent toujours être extrêmement nocifs.

En privant les travailleurs de la possibilité de trouver un équilibre entre leur travail et leur vie personnelle et en favorisant une culture de survie, on débouche sur une série de problèmes liés au stress. Ceux-ci, à leur tour, peuvent rapidement « métastaser » des problèmes de santé mentale plus graves, tels que la dépression ou l’anxiété.

La productivité est également affectée par la culture du présentéisme. Bien que les gains restent évidents lorsque les personnes restent assez longtemps pour terminer leurs tâches, avec le temps, les employés fatigués et mécontents commencent à sous-performer.

Ceux qui souffrent de maladies liées à la dépression à long terme risquent également d’avoir besoin de s’absenter du travail. En fin de compte, les travailleurs seront davantage enclins à mal travailler ou fuir leur poste de travail, gagnés par le découragement et  le sentiment que les choses ne vont pas s’améliorer.