Des scientifiques ont analysé la consommation d’alcool dans 189 pays, entre 1990 et 2017, et ont projeté les tendances jusqu’en 2030.

Les résultats, publiés dans la prestigieuse revue médicale, The Lancet, révèlent que les Seychelles ont connu la plus forte croissance de consommation d’alcool, enregistrant un taux d’environ 90%. Les données ont montré que les adultes vivant sur l’archipel ont consommé en moyenne 12 litres d’alcool en 2017. En comparaison, le volume d’alcool consommé était de 6,3 litres en 2010.

Le Vietnam (89%), la République démocratique populaire lao (51%), le Swaziland (50%) et Trinité-et-Tobago (31%) ont également connu des hausses importantes.

En revanche, la plus forte baisse a été enregistrée en Biélorussie, pays d’Europe orientale, où la consommation a chuté de 38%, passant de 17,5 litres à 10,9 litres.

Analysant ces résultats, le professeur Jakob Manthey, coordinateur de la recherche, a déclaré: « Notre étude fournit un aperçu complet de l’évolution de la consommation mondiale de l’alcool. Avant 1990, la majeure partie de l’alcool était consommée dans les pays à revenu élevé, principalement en Europe. Aujourd’hui, cette tendance a considérablement changé. En effet, d’importantes réductions ont été observées dans toute l’Europe de l’Est. En revanche, de fortes augmentations ont été notées dans plusieurs pays à revenu faible et intermédiaire, tels que la Chine, l’Inde et le Vietnam. Cette tendance devrait se poursuivre jusqu’en 2030, année où l’Europe ne devrait plus avoir le plus fort taux de consommation d’alcool au monde ».

Cette base de données appartenant au « Global Burden Of Disease », institut de recherches sur les tendances épidémiologiques dans le monde, montre clairement que l’objectif de l’OMS visant à réduire l’usage nocif de l’alcool de 10% d’ici 2025 ne sera pas atteint à l’échelle mondiale.

Bien au contraire, la consommation d’alcool restera l’un des principaux facteurs de risque de morbidité à moyen et court terme. L’impact de la consommation d’alcool augmentera probablement par rapport aux autres facteurs à risque.

La mise en œuvre de politiques efficaces en matière d’alcool est donc justifiée, en particulier dans les pays en développement rapide où la consommation d’alcool augmente parallèlement.

L’alcool est lié à plus de 200 maladies, dont de nombreux types de cancer, de maladies du foie et de maladies cardiaques. La consommation régulière d’alcool augmente également la consommation de calories, contribuant à l’obésité et au diabète de type 2, qui touchent des millions de personnes dans le monde.

Notis©2019

Par Sidney Usher

Sources: GLOBAL BURDEN OF DISEASE STUDY/ THE LANCET