Ainsi, certains rythmes, comme la fréquence cardiaque, cèdent à l’entraînement des horaires nocturnes tandis que d’autres, comme la sécrétion des sucs digestifs, continuent de se synchroniser sur les horaires socio-familiaux. D’autres rythmes, telle la température centrale, occupent une position intermédiaire et se modifient au bout de quatre ou cinq jours.
Le clivage qui s’opère entre les biorythmes du travailleur de nuit empêche son organisme de s’adapter complètement à l’horaire nocturne… quoi qu’ils fassent, la plupart des êtres humains ne seront jamais de véritables chouettes ! L’âge, ainsi que la situation matérielle du travailleur, influent aussi sur les capacités d’adaptation.
Troubles de sommeil
Les travailleurs de nuit rencontrent quasiment tous des problèmes dans leur sommeil. Il ne suffit pas de travailler durement toutes ses nuits pour s’endormir comme un loir au petit matin…
Premier problème: lorsque le travailleur rentre chez lui, la lumière du jour envoie un signal à son organisme et renforce la tendance naturelle de son horloge circadienne à le réveiller.
Viennent ensuite tous les problèmes liés à l’activité du reste de la société: circulation, enfants qui jouent, sonnerie du téléphone, etc. Le rythme de la faim interfère lui aussi avec celui du sommeil, si bien que celui-ci est souvent interrompu à midi par une prise d’aliments pour reprendre parfois plus tard sous forme de siestes.
La fatigue mentale est donc moins bien récupérée: le sommeil paradoxal, celui où l’on rêve, est plus court. Il survient plus rapidement après l’endormissement que dans le cas du sommeil nocturne, mais il se trouve interrompu en fin de matinée par la réactivation des rythmes biologiques.