En août 2018, Greta Thunberg Thunberg a commencé à manifester devant le parlement suédois, plutôt que d’aller à l’école, pour exiger des actions concrètes contre le changement climatique.

Les grèves de Greta ont rapidement suscité un mouvement mondial dénommé « le vendredi du futur ».  
Avec ses millions d’adeptes à travers le monde, Greta Thunder est désormais invitée et accueillie en rock star dans des conférences autres manifestations de haute volée.

Dans le cadre de l’édition 2019 du Forum économique mondial à Davos (suisse), Greta Thunberg a lu un discours, “Notre maison est en feu”, dont voici un extrait :

« Dans des endroits comme Davos, les gens aiment raconter des histoires de réussite, mais leur succès financier a un prix inconcevable. En revanche, sur le changement climatique, nous devons reconnaître que nous avons échoué. Tous les mouvements politiques dans leur forme actuelle ont failli. Même les médias n’ont pas réussi à sensibiliser le grand public.

Mais Homo sapiens n’a pas encore totalement échoué. Oui, nous avons tous failli, mais il est encore temps de nous ressaisir. Nous pouvons encore résoudre ce problème, nous avons toujours tout entre nos mains. Cependant, si nous ne reconnaissons pas les défaillances globales de nos systèmes économiques et sociaux actuels, nous ne pourrons probablement rien changer.

Nous sommes confrontés à un désastre de souffrances inexprimées pour un nombre considérable de personnes et ce n’est pas le moment de parler poliment. Jusqu’ici, les décideurs se sont concentrés sur leurs intérêts égoïstes, fermant les yeux et la bouche sur la réalité cruelle.

Aujourd’hui, le temps est venu de parler clairement. Résoudre la crise climatique est le défi le plus important et le plus complexe auquel l’homme n’a jamais été confronté.

La solution principale est cependant si simple que même un petit enfant peut la comprendre. Nous devons arrêter les émissions de gaz à effet de serre.

Soit nous faisons cela, soit nous ne le faisons pas. Dire que rien dans la vie n’est noir ou blanc est un mensonge, un mensonge très dangereux.

Soit nous empêchons un réchauffement de 1,5 degré, soit nous ne le faisons pas.

Soit nous évitons de déclencher cette réaction en chaîne irréversible au-delà du contrôle humain, soit nous ne le faisons pas.

Soit nous choisissons de continuer en tant gros pollueurs de civilisation, soit nous ne le faisons pas.

C’est aussi noir ou blanc que cela devient. Il n’y a pas de zones grises pour la survie.  (…)

Certains disent que nous ne devrions pas nous engager dans l’activisme, nous devrions plutôt tout laisser à nos politiciens et simplement voter pour le changement. Mais que faisons-nous lorsqu’il n’y a pas de volonté politique? Que faisons-nous quand la politique s’enlise dans l’inertie enfonce le peuple dans la misère totale?

Ici à Davos, comme partout ailleurs, tout le monde parle d’argent. Il semble que l’argent et la croissance soient nos seules préoccupations principales. Et comme la crise climatique est une crise qui n’a jamais été traitée comme une crise, les gens ne sont tout simplement pas conscients des conséquences sur notre vie quotidienne. (…)

Nous sommes à une période de l’histoire où tous ceux qui ont une idée de la crise climatique qui menace notre civilisation et toute la biosphère doivent s’exprimer dans un langage clair, aussi inconfortable soit-il.

Nous devons presque tout changer dans nos sociétés actuelles. Plus votre empreinte carbone est grande, plus votre devoir moral est grand. Plus votre plateforme est grande, plus votre responsabilité est grande.

Les adultes continuent de dire qu’il faut donner de l’espoir aux jeunes. Mais je ne veux pas de votre espoir, je ne veux pas que vous soyez plein d’espoir. Je veux vous paniquiez comme moi, je veux que vous ressentiez la peur que je ressens tous les jours. Ensuite, je veux que vous agissiez, je voudrais que vous agissiez comme si vous le feriez dans une crise. Je veux que vous agissiez comme si la maison était en feu, parce que c’est le cas. »

Notis©2019

Traduit par Sidney Usher