La musique est-elle universelle? En d’autres termes, les musiques de n’importe quel pays partagent-elle des points communs importants, quelles que soient les différences apparentes de son et de rythme ?

Deux recherches indépendantes réalisées par des universités américaines et autrichiennes suggèrent que les pièces composées et interprétées depuis n’importe quel endroit de la planète partagent des points communs. Ces aspects communs existent quelles que soient les différences évidentes.

Selon le Dr Samuel Mehr (Université de Harvard) et Tecumseh Fitch et Tudor Popescu (Université de Vienne), la musique est le seul élément qui relie toutes les cultures. Cette observation serait basée sur une combinaison d’anthropologie et de biologie cognitive.

De nombreux historiens de la musique se sont montrés sceptiques quant à l’idée que la musique avait un point commun, en particulier l’idée d’universalité. Les spécialistes en ethnomusicologie traditionnellement rejettent la notion d’l’universalité en matière de musique. Les ethnomusicologues ont, en effet, tendance à privilégier l’idée que ces tendances musicales sont entièrement le produit de la culture.

Cependant, les recherches réalisées par les universitaires Américains et Autrichiens indique qu’il existe de profonds aspects universels en matière de musicalité humaine. Elles corroborent l’idée que l’évolution du cerveau et les conditions préalables au langage ont permis l’émergence d’une musicalité simultanée concomitamment à l’émergence  d’une civilisation complexe.

M. Mehr note que chaque groupe culturel crée des musiques similaires dans des contextes similaires. À titre d’exemple, la musique de danse a toujours tendance à être rapide et rythmée, tandis que les berceuses sont douces et lentes. Cela semble s’appliquer à n’importe quelle culture et à n’importe quel contexte. D’autres exemples sont les «chansons de guérison», qui utilisent généralement moins de notes.

En outre, toutes les cultures affichent une tonalité qui fait référence à la construction d’un petit sous-ensemble de notes dérivées d’une note de base (comme avec l’échelle de musique diatonique). Cela a conduit les chercheurs à conclure à l’existence d’une “musicalité humaine” fondamentale.

Ceci est basé sur un petit nombre de piliers fixes. Les chercheurs les considèrent comme des prédispositions codées qu’ils considèrent comme enracinées dans une infrastructure physiologique basée sur la biologie partagée de l’humanité.

Les «piliers musicaux» sont enrichis avec les spécificités des cultures individuelles, donnant des variations différentes selon les régions du monde ou les groupes culturels.

Notis©2021

Par Sidney Usher