Rétrospection
Bien qu’il soit conscient de l’influence qu’il a eue sur d’innombrables téléspectateurs à travers le monde, des ambitions qu’il a suscitées et des opinions qu’il a influencées, Mr Attenborough regarde rarement dans le rétroviseur : « Je me vois sur de vieilles photos et je me dis : “Mon Dieu, étais-je vraiment aussi jeune ?” »
Même s’il n’aime pas s’appesantir sur son sort et se pencher sur son passé, il reconnait avoir «eu une vie extraordinaire. Ce n’est que maintenant que j’en prends pleinement conscience. La vertu n’y est pour rien : je suis simplement arrivé au bon moment. J’ai eu la chance de passer ma vie à explorer les régions sauvages de la planète. J’ai parcouru le monde entier. Franchement, je ne pourrais pas imaginer vivre autrement. Le début de ma carrière a coïncidé avec l’avènement du transport aérien international. C’était la plus belle période de ma vie. Il y a cinquante ans, la majorité des gens n’avait même pas entendu parler d’une espèce sauvage, et encore moins l’avaient vue. Aujourd’hui, il est rare de trouver des animaux qui n’aient pas été longuement filmés. »
« Jusqu’à récemment », a-t-il expliqué, « on pouvait partir et tout laisser derrière soi, car on n’avait ni téléphone ni aucun moyen de contacter le monde extérieur. Là-bas, dans la forêt tropicale, on était dans la même situation qu’un chasseur indigène. On ne s’en rend plus compte aujourd’hui, car avec un téléphone portable, on peut parler à sa famille et on est constamment au courant de l’actualité. Cela modifie notre comportement et engendre un sentiment d’irresponsabilité. Avant les téléphones portables, si l’on avait des ennuis, il n’y avait qu’une seule personne qui pouvait nous en sortir : nous-mêmes. »