Le monde est confronté à une pénurie croissante de sable, selon les experts de l’ONU. La situation serait d’autant plus alarmante qu’il est acquis qu’après l’eau, le sable est la matière première la plus consommée au monde – utilisé pour fabriquer des micropuces de verre, de béton, d’asphalte et même de silicium.

La pénurie de vaccin

Une pénurie imminente de sable pourrait ralentir la production de tout biens mobilier et immobilier, des smartphones aux immeubles de bureau, sans oublier les flacons en verre des vaccins contre la COVID 19 (https://www.notis-consulting.net/un-vaccin-nest-pas-une-solution-miracle/). Selon les estimations officielles, le monde devrait avoir besoin d’au moins deux milliards de flacons au cours des prochaines années pour faciliter la distribution à travers le monde des vaccins COVID-19.

En Claire, le manque croissant de sable pourrait retarder la production des milliards de flacons en verre nécessaires à la vaccination des populations du monde entier.

La pénurie mondiale de verre existe au moins depuis 2015. L’industrie du verre médical commençait tout juste à rattraper la demande en 2020, mais la pandémie et le déploiement programmé des vaccins ont considérablement retardé ce processus.

Stevanato Group, un fabricant italien de flacons, a déclaré à Pharma Manufacturing que la demande mondiale de flacons augmentera de 2 milliards au cours des deux prochaines années. Même si le vaccin est chargé dans des flacons de 10 doses, a déclaré l’expert en vaccins James Robinson à FiveThreeSix, cela représente encore des centaines de millions de flacons nécessaires pour cette seule pandémie.

Seules trois entreprises – Corning, Schott et Nipro Pharma Corporation – fabriquent la plupart des tubes en verre pharmaceutiques nécessaires pour les flacons et les seringues. Les nouvelles installations de fabrication sont coûteuses et il existe une forte concurrence pour le type de sable angulaire nécessaire à la fabrication du verre.

Les dirigeants des trois principales sociétés mondiales de verre pharmaceutique affirment qu’en pleine crise sanitaire mondiale, ils travaillent ensemble pour répondre à la demande. «L’industrie met de côté l’esprit de compétition», a déclaré le directeur général de Corning, Brendan Mosher, à Pharma Manufacturing. “On a l’impression plus que jamais que tout le monde est dans le m^me navire.”

Le “Défi du sable”

La pénurie de sable, de gravier et de pierre concassée est bel bien reel depuis 2010. Elle est alimentée par le développement croissant des bâtiments et la demande de smartphones et d’autres produits de la des hautes technologies utilisant des écrans.

“Nous pensons simplement que le sable est partout ”, a déclaré Pascal Peduzzi, un climatologue, travaillant au sein du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), lors d’un webinaire organisé par le groupe de réflexion, Chatham House.

“Nous n’aurions jamais pensé manquer de sable, mais cela commence à certains endroits”, a ajouté Peduzzi.

“Il s’agit d’anticiper ce qui peut arriver dans la prochaine décennie, car si nous ne regardons pas vers l’avenir, si nous ne prévoyons pas, nous aurons d’énormes problèmes d’approvisionnement en sable mais aussi d’aménagement du territoire.”

Pascal Peduzzi, qui aussi le directeur de la base de données mondiale d’information sur les ressources (GRID) du PNUE à Genève, a déclaré que la panique n’aiderait pas, «mais il est temps de jeter un coup d’œil sur la situation et de changer notre perception du sable».

Les efforts visant à améliorer la gestion des ressources en sable sont inégaux. “Cela serait en partie dû à des caractéristiques géologiques et géographiques spécifiques, mais aussi à des différences dans les manifestations locales face au “défi du sable”, à la demande nationale et régionale de ressources en sable, ainsi qu’aux capacités d’appliquer ou de mettre en œuvre des procédures d’évaluation des meilleures pratiques, des pratiques extractives, les exigences en matière de gestion et de restauration », a déclaré le groupe Chatham House dans un communiqué publié sur son site Web.

Selon le PNUE, environ 40 à 50 milliards de tonnes de sable sont utilisées chaque année dans le seul secteur de la construction. C’est une augmentation de 300% par rapport à il y a à peine 20 ans, et il faudrait deux ans à chaque rivière de la planète pour le remplacer.

«Cette tendance devrait se poursuivre alors que la demande continue d’augmenter en raison de l’urbanisation, de la croissance démographique et des tendances de développement des infrastructures», selon le Global Sand Observatory Initiative du GRID.

Les normes alternatives

Alors que les déserts représentent un tiers de la planète, le sable du désert est trop lisse et inadéquate pour être utilisé dans la construction. En sus, puisque personne ne veut une mine de sable dans son jardin, les efforts d’extraction se concentrent sur des environnements plus fragiles – rivières, côtes et fonds marins – souvent dans des endroits comme l’Inde et la Chine.

Ces exploitations sauvages, localisées, à l’abri des regards, ont déjà un impact sévère sur les écosystèmes. Cependant, la demande continue de dépasser le taux de reconstitution naturelle due à l’altération des roches par l’eau et le vent. Le GRID met donc en garde contre l’augmentation des problèmes environnementaux.

Les défenseurs de l’environnement demandent aux entreprises et aux gouvernements de remédier au manque de sable – en établissant des normes mondiales et des alternatives viables – tout en faisant davantage pour protéger les habitats vulnérables.

Les chercheurs ont également commencé à chercher des alternatives au sable, y compris les cendres volcaniques, les déchets agricoles et les cendres volatiles, un sous-produit de la combustion du charbon.

Il y a aussi des travaux en cours avec du sable de silice, fait de minuscules granules de quartz.

Mais «l’industrie de la construction est très conservatrice», a déclaré Susan Bernal, spécialiste des matériaux à l’Université de Leeds. “Pour utiliser ces nouveaux ciments alternatifs verts, ou agrégats alternatifs, nous devons nous conformer à un grand nombre de normes pour nous assurer que, par exemple, si nous construisons une maison, elle est suffisamment sûre pour que les gens y vivent.”

Notis©2021

Par Sidney Usher