Les travailleurs immigrés jouent un rôle important dans le financement des caisses de la Sécurité sociale, qu’ils soient arrivés légalement aux États-Unis ou non. La particularité de leurs contributions est que, dans de nombreux cas, ils ne sont pas éligibles pour réclamer les prestations sociales (allocations familiales, pensions retraite…), ce qui constitue un avantage indu pour le budget fédéral.

La contribution des immigrants illégaux, malgré leur inéligibilité aux prestations sociales n’est pas négligeable : en 2022, les immigrants vivant aux États-Unis ont payé illégalement 25,7 milliards de dollars de cotisations de Sécurité sociale et 6,4 milliards de dollars de taxes de Medicare, a déclaré l’Institute on Taxation and Economic Policy.

Inflation et croissance

Le programme anti-immigration de Trump pourrait également avoir un impact négatif sur la lutte contre l’inflation, qui a atteint jusqu’à 9 % pendant la pandémie il y a quelques années à peine.

« Perdre brusquement » les travailleurs sans papiers, qui représentent environ 4 à 5 % de la main-d’œuvre totale aux États-Unis et 15 à 20 % dans les industries qui emploient un grand nombre d’immigrants illégaux, pourrait être « très perturbateur et avoir un impact inflationniste plus important », selon les économistes de Goldman Sachs cités par Bloomberg.

Les analystes prévoient que l’immigration nette aux États-Unis chutera à 750 000 par an – une baisse par rapport au taux annualisé de 1,7 million par an en 2025 – ce qui pourrait réduire la croissance potentielle du produit intérieur brut en 2025 de 30 à 40 points de base, ont déclaré les économistes de Goldman dans une note de recherche publiée lundi.