Sans parler du problème des actifs pour lesquels il n’y a pas de marché, quel est le sens d’une telle valorisation lorsque le marché est « bullisé », « krachisé » ou tout simplement ultra-volatil ? Pire, que fait-on lorsque le marché ne valorise pas un actif?

Avant la crise des bulles de crédits, début des années 2000, les banques, en particulier, redoutaient fortement et de façon prémonitoire cette juste valeur. En effet, leur structure de bilan fortement valorisé les surexpose à cette problématique.

De plus, on considère que ces normes ont joué un rôle aggravant et amplificateur de la crise par leur caractère pro-cyclique :

Lorsque mon actif de 100 ne « vaut » plus que 60, mes actionnaires-investisseurs mécontents vont être tentés de se « retirer » (pour investir ailleurs), accentuant de fait la tendance baissière qui portera peut-être notre actif à 40 et puis etc…

D’ores et déjà, les banques peuvent, comme par magie, reconstituer leur bilan en valeur historique et présenter, de ce fait, des valeurs d’actif bien plus présentables. Pour reprendre notre exemple, disons que notre actif valorisé à 40 remonterait, non pas à 100, mais disons à 70 soit une valeur, certes dépréciée, mais plus conforme à une comptabilité moins volatile!

En conclusion, la « vérité » comptable n’est qu’une construction élaborée conjointement par le normalisateur (qui instaure les règles du jeu) et le préparateur des comptes. A ce niveau de sophistication, la comptabilité est bien loin de l’idée – fausse – qu’on peut s’en faire en tant que technique objective de mesure de la réalité économique.