Mis à part le clignotement occasionnel de son badge – qui montrait aux téléspectateurs aux yeux d’aigle que le prénom jamais révélé de Columbo était en fait « Frank » – on remarquait à peine qu’il était un policier: il n’y avait pas de fusillades ou de courses rodéo en plein centre ville, avec cascades et tout ; il était à peine vu au bureau ou au poste de police. Il n’était pas un coureur de jupon – sa dévotion envers sa femme jamais vue mais constamment référencée, « Mme Columbo », et les histoires sans fin (sans aucun doute exagérées) sur sa famille élargie, ont projeté l’image d’un homme de moralité et de vertu.
Humanisme
De fait, il n’y avait personne ou rien comme Columbo, avant (comme après) lui. Tous les détectives étaient des gars durs, sans émotion et ni état d’âme. Il était à tous les égards le contraire du flic. Le Lieutenant a trébuché dans les manoirs avec l’air échevelé d’un jardinier. La main à la tête et un oubli artificiel – son habitude de quitter une pièce, pour y revenir en se souvenant «une dernière chose » – constitue la marque de fabrique de Colombo.
Sur n’importe quelle scène de crime, il repérait un petit « détail » qui le dérangeait – un journal déplacé, une trace de pneus de voiture, une chemise de nuit, une cigarette mal éteinte – qui allumaient ses soupçons.
Les meurtriers finissaient toujours par être dupées, par inadvertance, comme Lee Grant, dans l’épisode datant de 1971, « Ransom for a Dead Man ».
Les enquêtes de Colombo étaient faites des rencontres anodines qui devenaient cérébrales, basées sur des échanges qui finissaient par épuiser le criminel. Le dialogue était un mélange d’idée astucieuse et de persistance acharnée. Sa politesse sans faille signifiait qu’il sympathisait souvent avec les meurtriers et, dans certains cas, les aimait (comme il le dit à Ruth Gordon dans « Try and Catch Me », un épisode réalisé en 1978).