La soumission collective

Dans les cas des collectivités organisées, comme les communautés religieuses ou l’armée, nous sommes en présence de masses humaines qui sont « avides d’autorité » et ont « soif de soumission ». Ici la figure tutélaire du meneur -le leader charismatique, en l’occurrence soit un prédicateur soit un commandant en chef- apparaît comme un substitut symbolique du père et fait office d’un « idéal du moi », c’est-à-dire un modèle auquel chaque individu souhaite se conformer.

Les hommes se projettent dans la personne investie du pouvoir et sont de ce fait prêts à le suivre quoi qu’il en coûte. De même, car ils abandonnent leur narcissisme et portent leur affection sur un même être perçu comme extraordinaire, les membres de la foule s’identifient les uns aux autres, ce qui crée une communauté fusionnelle.

La cohésion des masses étudiées par Freud repose in fine sur des liens de nature libidinale : les individus qui les composent aiment leur chef et vivent dans l’illusion que celui-ci les aime en retour d’un amour égal.

Le droit de résister

Le philosophe anglais John Locke, dans le Traité du gouvernement civil (1690), a initié la thèse selon laquelle ce sont les individus eux-mêmes qui décident par convention d’instituer la société civile et le pouvoir politique qui en est le corollaire.

L’État est créé afin d’arbitrer de manière impartiale les conflits et de garantir les libertés fondamentales, au premier rang desquelles la propriété et la sécurité. L’assujettissement n’est donc plus de mise, dans la mesure où le pouvoir prend sa source dans le consentement actif du peuple.