Ce dernier facteur est particulièrement sensible à Washington. La montée des appels internationaux à un cessez-le-feu, conjuguée à un climat intérieur profondément polarisé, impose des contraintes que les stratèges militaires ne peuvent ignorer.
Force est de constater que seule une invasion et une occupation à grande échelle pourraient déstabiliser durablement le régime iranien – une option politiquement explosive aux États-Unis après deux décennies de guerres au Moyen-Orient.
Les frappes de décapitation peuvent affaiblir la hiérarchie du régime, mais elles incitent également à des représailles plus larges. L’escalade horizontale – l’élargissement du champ de bataille géographiquement ou économiquement – permet à un adversaire plus faible de prolonger le conflit.
Les marchés pétroliers accentuent l’urgence. La hausse des prix comprime le calendrier politique du président américain, tandis que les outils de la politique énergétique américaine (comme le déblocage du pétrole des réserves stratégiques) n’offrent qu’un soulagement temporaire.
Une instabilité prolongée risque d’engendrer un cocktail explosif de ralentissement de la croissance et d’inflation galopante – le spectre redoutable de la stagflation.
Les partisans de Monsieur Trump affirment que sa propension à l’escalade imprévisible constitue en soi un atout stratégique. Ses détracteurs rétorquent qu’une telle politique du bord du gouffre risque d’entraîner une dérive des enjeux (autrement dit : des « guerres sans fin ») et des ruptures d’alliances.