L’Iran conserve sa capacité d’action. Israël, lui aussi, a ses propres impératifs. Le conflit se déroule désormais – dans un sens restreint – comme une partie d’échecs à trois joueurs où aucun acteur ne peut dicter le coup final. L’autorité du président à « fixer les conditions » existe bel et bien, mais elle est limitée par des réalités qu’on ne peut soumettre par la force.
Le littoral iranien domine les voies maritimes et les points névralgiques énergétiques, ce qui permet à la moindre perturbation de se propager à travers les chaînes d’approvisionnement et les marchés financiers.
Des forces supplétives déployées du Golfe à la mer Rouge offrent à Téhéran une forme d’étranglement économique à un coût relativement faible. Des années d’expérience en Irak et en Syrie ont permis de perfectionner une stratégie basée sur les drones, les mines et les missiles – des outils capables de provoquer des perturbations considérables sans nécessiter une égalité de puissance de feu sur le champ de bataille.
Ces tactiques s’inscrivent également dans une logique de long terme. Les salves de missiles peuvent mettre à rude épreuve même les systèmes de défense les plus sophistiqués. Les contre-mesures économiques peuvent être maintenues plus longtemps que certains stratèges occidentaux ne l’avaient anticipé. La persistance du risque de guerre peut freiner les investissements, nuire au tourisme et éroder la confiance dans toute la région du Golfe. L’effet cumulatif est une pression – sur les marchés, sur les alliances et sur l’opinion publique.