Depuis le 28 février, premier jour de l’opération Epic Fury, les frappes américaines contre les installations sensées être militaires* de la République Islamique d’Iran, indiquent désormais clairement que dans ce conflit, l’imprévisibilité est au cœur de la stratégie de l’agresseur.
Derrière le succès apparent se cache un paysage stratégique bien plus complexe – un véritable labyrinthe d’énigmes qu’aucune domination aérienne ne saurait démêler rapidement.

Le détroit d’Ormuz, cette artère maritime étroite par laquelle transite le sang vital de l’économie mondiale, demeure le problème le plus immédiat. Mais le défi n’est pas seulement géographique. Il est temporel, politique et psychologique.
La direction de Téhéran, nouvellement reconstituée mais toujours cohérente, ne semble ni paniquée ni divisée. Au contraire, elle paraît parfaitement consciente de la manière d’exploiter ses avantages asymétriques – dans le domaine militaire, dans la manipulation des marchés mondiaux et dans l’art patient de la gestion géopolitique.
La force de l’Iran n’a jamais résidé dans la confrontation conventionnelle. Sa force réside dans sa capacité à prolonger les conflits, à brouiller les lignes de front et à transformer de petites perturbations en crises en cascade.
La Maison Blanche rechigne à fixer une date butoir à ses opérations. Mais elle doit se confronter à la réalité. Les guerres menées au carrefour des marchés pétroliers et des calendriers électoraux sont rarement clémentes. Chaque jour qui passe réduit la marge de manœuvre. À cela s’ajoute le simple fait que Monsieur Trump ne soit pas le seul maître à bord.