L’implication

Dès lors, les sondages sont-ils complètement inutiles ? En fait, pas toujours. Selon certains auteurs, la fragilité du positionnement majoritaire doit se manifester surtout dans les élections où les gens ne se sentent pas totalement impliqués. En effet, plusieurs études ont montré que les opinions exprimées dans un contexte majoritaire peuvent malgré tout rester stables à condition que les personnes interrogées se sentent fortement concernées par l’enjeu en question.

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Voilà qui permet de faire le tri entre les sondages fiables et ceux qui le sont moins. Dans une élection qui suscite un intérêt fort sur des enjeux concrets et une mobilisation à grande échelle des citoyens, il est probable que les sondages donnent un aperçu assez intéressant de l’issue de l’élection. Lorsque le climat politique est morose, pauvre en idées neuves et suivi de loin par une opinion blasée, le sondage n’est qu’un épiphénomène comparable à une mode et sans lien direct avec la réalité politique.

Conclusion

Tout l’effet des sondages réside dans leur publication. Ce sont eux qui, régulièrement diffusés par les médias, créent un courant majoritaire ambiant, mais ce courant majoritaire est fragile. Il est évident que la majorité des personnes sondées répondent en ayant conscience des sondages qui sont publiés semaine après semaine : logiquement, leur réponse se fait dans le sens de ce courant majoritaire, et est pour cette raison sujette à de larges fluctuations. Au regard de la psychologie humaine, il est peu raisonnable de continuer à se fier aux sondages dans les mois qui précèdent une élection.