Outre ses talents artistiques indéniables, David Bowie (8 janvier 1947 – 10 janvier 2016) a su innover dans le monde de la finance. Une face de «businessman» moins connue du grand public.
Titrisation
L’expérience de David Bowie dans la finance débute en 1997 lorsqu’il décide d’émettre des obligations à partir de son œuvre. Précurseur en la matière, cette entrée sur le marché obligataire se traduira par une réussite totale. Pendant 10 ans, le rendement des obligations s’élèvera à 7,9%, un taux alors plus important que celui des titres de dette d’État. Le chanteur lèvera 55 millions de dollars de l’assureur Prudential qui achètera, à travers l’obligation, les revenus futurs de ses 25 albums déjà parus.
Si cette introduction à Wall Street fut couronnée d’un franc succès, c’est grâce à la confiance durable des souscripteurs dans le talent de David Bowie, et donc dans sa capacité à engranger des revenus conséquents au fil des années. Or, au vu des chiffres de vente enregistrés par chacun de ses albums (environ un million d’exemplaires par disque), il y avait de quoi être confiant. Finalement, l’opération de titrisation permettra au chanteur d’empocher les 55 millions de dollars en une seule fois plutôt que de les obtenir en 10 ans. Un emprunt obligataire que David Bowie serait parvenu à rembourser malgré les 8,1 millions de dollars (capital + intérêts) qu’il s’était engagé à verser chaque année, selon le magazine Forbes.
Avant-garde
Mais le succès de l’opération va s’effriter. Victimes des bouleversements de l’industrie de la musique et du développement d’Internet au début des années 2000, les «obligations Bowie» (ou «obligations Pullman») voient leur rendement chuter. L’agence de notation Moody’s les déclassera dans la catégorie «indésirable» en 2004.