Al Foster fit ses débuts professionnels en 1964 lorsque le trompettiste Blue Mitchell forma un quintet qui se produisit régulièrement au Minton’s Playhouse à Harlem. Foster enregistra son premier album cet été-là, sur le disque de Blue Mitchell, « The Thing To Do », chez Blue Note. Il resta avec Mitchell pendant trois ans, puis joua du soul-jazz avec le pianiste Larry Willis et le trompettiste Hugh Masekela – tout en cherchant, disait-il, à développer son propre style.

Foster connaissait parfaitement l’histoire de la batterie en jazz – citant notamment les influences de Joe Chambers et Art Taylor – mais il insistait sur le fait que cette histoire n’était qu’un moyen pour lui de développer son propre style, qui était sa priorité absolue. « Je n’aime pas rester dans ma zone de confort (…) Montrez-moi quelque chose de nouveau. Je veux quelque chose de différent. »

Son style était déjà bien établi lorsque Miles Davis l’entendit jouer en 1972 et engagea le batteur pour remplacer Jack DeJohnette dans son groupe de fusion jazz-rock. Il apparut pour la première fois sur l’album de Davis, « In Concert », en 1972, où son jeu funk fut immédiatement salué. Al Foster resta avec Monsieur Davis jusqu’à la retraite du trompettiste en 1975, puis rejoignit à nouveau son groupe après son retour en 1980. Il continua à travailler avec Miles Davis jusqu’en 1985, puis sporadiquement jusqu’en 1989. Il sortit deux albums électriques, « Mixed Roots » (1978) et « Mr. Foster » (1979), pendant la retraite du trompettiste.